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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 12 - Le cancer de l’ovaire

 

 

12.5 Stratégie thérapeutique dans le cancer de l’ovaire

12.5.1 Chirurgie

La chirurgie est indiquée dans tous les cas :

  • à visée diagnostique
  • à visée pronostique
  • à visée thérapeutique : réduction tumorale la plus complète possible, le résidu tumoral post-opératoire étant corrélé à la probabilité de survie.

On distingue différents temps opératoires

  • Laparotomie médiane large
  • Examen clinique puis extemporané de l’annexe suspecte
  • Inventaire lésionnel avec classification FIGO (notés dans le compte-rendu opératoire)
  • Hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale, omentectomie
  • Lymphadénectomie iliaque et para-aortique
  • Exérèse de toute lésion visible resécable, parfois au prix d’une segmentectomie digestive
  • Lavage péritonéal avec analyse cytologique du liquide
  • Biopsies péritonéales à l’aveugle en l’absence de carcinose visible
  • Bilan des masses résiduelles laissées en place

Cette chirurgie première avec réduction tumorale constitue un consensus.

Elle est discutée :

  • en cas de stade I A bien différencié donc après une chirurgie complète de stadification en cas de désir de grossesse : on peut proposer une chirurgie plus limitée conservant l’utérus et l’annexe controlatérale en informant la patiente des risques de rechute et de la nécessité après grossesse d’une totalisation (annexectomie contro latérale + hystérectomie).
  • en cas de carcinose péritonéale massive ne permettant pas une chirurgie optimale en raison des multiples adhérences : on peut alors débuter la séquence thérapeutique par une chimiothérapie, suivie d’une chirurgie de réduction tumorale dans un second temps.

La chirurgie de second-look n’est plus pratiquée en routine (intérêt non démontré, morbidité élevée).

12.5.2 Chimiothérapie

Elle est indiquée dans presque tous les cas. Seules les tumeurs de stade I A et bien différenciées (grade 1) ne relèvent pas de ce traitement.

La chimiothérapie

  • doit débuter moins de 1 mois et demi après la chirurgie
  • doit comporter un sel de platine
  • est administrée en IV pour un minimum de 6 cycles à 21 jours d’intervalle.

La référence est actuellement un taxane, le Paclitaxel (nom commercial : Taxol) et un sel de platine, le Carboplatine (Paraplatine), le Paclitaxel ayant remplacé le cyclophosphamide (Endoxan)

La surveillance durant chimiothérapie se fait par le dosage de CA 125 et par scanner abdomino-pelvien en cas de résidu macroscopique.

Le cancer de l’ovaire est très chimio-sensible.

En cas de rechute, une nouvelle chimiothérapie sera entreprise, à base de platine en cas de rechute à plus de 6 mois, sans platine en cas de rechute précoce. Ces rechutes sont par contre plus chimio-résistantes, notamment en cas de survenue précoce par rapport au traitement initial.

D’autres méthodes existent, notamment la chimiothérapie par voie intra-péritonéale.

12.5.3 Autres traitements

La place de la radiothérapie est très réduite. La radiothérapie abdominale totale parfois pratiquée ne peut être utilisée qu’à doses faibles pour ne pas être toxique (irradiation des structures digestives). Ces doses ont une efficacité réduite.

Comme dans toute maladie cancéreuse, de nouveaux traitements sont à l’essai (vaccinothérapie, nouvelles molécules de chimiothérapie, etc…). Ces approches sont pour l’instant en évaluation.

12.6 Conclusion

Points forts à retenir :

  • Troisième cause de décès par cancer chez la femme en France.
  • Intérêt de l’anatomopathologie, distinction des tumeurs « borderline ».
  • 75 % de diagnostics à un stade avancé.
  • Moins de 20 % de survie à 10 ans tous stades confondus.
  • La chirurgie est indispensable.
  • La réduction tumorale maximale améliore le pronostic.
  • La chimiosensibilité est grande, la chimiothérapie incontournable.
  • Les sels de platine et les taxanes ont permis d’améliorer la survie.

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12.1 - Généralités, épidémiologie
12.2 - Anatomopathologie
12.3 - Circonstances de découverte. Bilan paraclinique initial
12.4 - Classification. Pronostic
12.5 - Stratégie thérapeutique dans le cancer de l’ovaire
12.6 - Conclusion
12.5.1 - Chirurgie
12.5.2 - Chimiothérapie
12.5.3 - Autres traitements