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11.5 Bilan préthérapeutique
11.5.1 Bilan d’extension
11.5.1.1 Sur le plan locorégional
- On précise le siège de la tumeur et ses dimensions en cm (pas uniquement la plus grande dimension). Un schéma et une photographie en position couchée (en position de traitement) avec repérage du centre de la tumeur par rapport au centre du mamelon (coordonnées géographiques).
- On recherche une éventuelle extension cutanée (peau d’orange, infiltration avec ulcération) et une éventuelle extension en profondeur (tumeur mobile avec les pectoraux à la manœuvre de Tillaux, ou fixée à la paroi thoracique).
- On précise s’il y a des adénopathies cliniques leur taille et leur siège. En cas de doute sur le caractère pathologique ou non d’une adénopathie axillaire (ganglion mou de moins de 1 cm), si un geste chirurgical n’est pas d’emblée envisagé on peut réaliser une ponction cytologique.
- On note des signes éventuels d’inflammation locale au niveau de la tumeur, ou régionale au niveau du sein dont la valeur pronostique est grande lorsqu’ils existent.
- Sur les mammographies on recherche un éventuel deuxième foyer dans le sein homolatéral et dans l’autre sein.
11.5.1.2 A distance
On recherche des métastases à distance pour les cancers infiltrants d’1 cm ou plus. Au minimum, pour tous les cas, afin d’avoir un élément comparatif, on réalise des radiographies pulmonaires et une échographie abdomino pelvienne. Pour les tumeurs de plus de 3 cm, les tumeurs SBRII ou III ou avec cytopronostic 2 ou 3, les tumeurs avec adénopathie clinique ou à l’examen anatomopathologique (curage ou cytologie) et les tumeurs évolutives, on réalise un examen TDM thoracique et abdominal, une scintigraphie osseuse et, si on peut, un PET. En cas d’anomalie suspecte à la scintigraphie on la précise par TDM et éventuellement IRM. 11.5.1.3 Sur le plan biologique
On précise le SBR si cela n’a pas été fait, On précise également qu’elle est le taux de récepteurs hormonaux aux œstrogènes et à la progestérone. On note le taux de CA15-3, qui peut être élevé en cas de tumeur importante ou déjà métastasée. A la fin du bilan d’extension on peut classer le cas selon la classification TNM (2002) :
| T is : |
tumeur in-situ (non infiltrante) |
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| T1 : |
tumeur de 2 cm ou moins |
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T1a : de 0,5 cm ou moins et plus de 0,1 cm |
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T1b : de 1 cm ou moins et plus de 0,5 cm |
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T1c : de 2 cm ou moins et plus de 1 cm |
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| T2 : |
tumeur de moins de 5 cm, >2 cm |
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| T3 : |
tumeur de plus de 5 cm |
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| T4 : |
tumeur avec extension à la paroi thoracique ou à la peau, ou tumeur
inflammatoire |
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T4a : extension à la paroi thoracique |
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T4b : œdème (incluant peu d’orange), ulcération de
la peau ou nodules cutanés satellites |
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T4d : cancer inflammatoire |
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| N0 : |
pas d’adénopathie axillaire |
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| N1 : |
adénopathie homolatérale axillaire mobile |
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| N2a : |
adénopathie homolatérale axillaire fixée |
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| N2b : |
adénopathie mammaire interne clinique |
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| N3a : |
adénopathie infraclaviculaire |
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| N3b : |
adénopathies cliniques axillaire et mammaire interne |
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| N3c : |
adénopathie sus-claviculaire |
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Ces éléments se regroupent en stades :
| Stade IIIB |
T4 quelque soit le N |
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| Stade IIIC |
N3 quelque soit le T |
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quels que soient le T et le N |
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11.5.2 Etat général, antécédents, recherche de contre-indication à tel ou tel traitement
- On précise l’âge, le poids, la situation du malade en fonction des critères de l’état général de la classification de Karnofsky ou de ceux du Performans Status de l’OMS.
- On précise les antécédents pathologiques et les affections associées éventuelles, en particulier celles qui peuvent gêner le traitement (anesthésie, chimiothérapie avec anthracycline etc
)
11.5.3 Sur le plan psychologique
- On s’informe de l’existence possible de cancers du sein dans la famille ou dans l’entourage de la malade pour savoir quelle représentation du cancer du sein elle peut avoir et pour conseiller éventuellement une consultation génétique.
- On explique à la malade le traitement, ses contraintes, les bénéfices qu’on peut en espérer, les complications éventuelles. On explique également la nécessité de la surveillance à long terme à cause du risque de rechute. On note enfin dans le dossier que ces informations ont été données.
11.6 Eléments pronostiques
Les principaux critères pronostiques pour les cancers infiltrants présentés en taux de survie à 5 ans sont les suivants. Critères cliniques
| T1 |
85-90 % |
N0 |
80 % |
| T2 |
75-80 % |
Np (adénopathie clinique) |
65 % |
| T3 |
60-70 % |
Pev0 |
75 % |
| T4 |
40-60 % |
Pev 2 et Pev3 |
50 % (15 % avant la chimiothérapie) |
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Age inférieur à 35 ans = mauvais pronostic Bonne réponse à la chimiothérapie première = bon pronostic Critères anatomopathologiques
| SBRI |
90 % |
N- |
90 % |
| SBRII |
80 % |
N+ |
60-70 % |
| SBRIII |
70 % |
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Tous ces différents critères pronostiques sont liés : c’est dans la catégorie des T1 qu’il y a le plus de SBRI, de N0 et de N-. Cependant chacun des critères pronostiques indiqué à une valeur pronostique en soi si tous les autres facteurs pronostiques sont égaux. |