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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 11 - Cancer du sein

 

11.11 - Points essentiels

 

  1. Le cancer in situ est canalaire (galactorique) ou intralobulaire, il n’est pas infiltrant, il ne donne pas de localisations à distance ganglionnaire ou métastatique. Non traité il devient infiltrant dans 50 % des cas.
    Le cancer infiltrant qu’il soit canalaire (forme la plus fréquente) ou lobulaire ou d’une autre forme est à risque métastatique.
  2. Le risque métastatique en cas de cancer infiltrant est suffisamment faible pour ne pas justifier une chimiothérapie adjuvante si :
    • T ≤ 0,5 cm ou T > 0,5 cm et < 1 cm N- (pas d’envahissement ganglionnaire histologique)
    • SBR I
    • Récepteurs hormonaux positifs
    • Age > 35 ans
  3. En présence d’une tuméfaction d’un sein les signes cliniques en faveur du cancer sont : l’attraction cutanée ou l’envahissement cutané, la présence d’une adénopathie axillaire, accessoirement la dureté et le caractère indolore de la tuméfaction.
  4. Les signes radiologiques en faveur d’un cancer sont : opacité à contours irréguliers typiquement spiculés (image stellaire) avec microcalcifications en amas au niveau et un peu à distance de l’opacité.
  5. Le T1 est une tumeur de 2 cm ou moins (avec T1 mic ≤ 0,1 cm/ T1a > 0,1 cm ≤ 0,5 cm/ T1b < 0,5 cm ≤ 1 cm/ T1c > 1 cm ≤ 2 cm).
    Le T2 est une tumeur > 2 cm ≤ 5 cm
    Le T3 est une tumeur > 5 cm
    Le T4 est une tumeur avec atteinte de la peau ou de la paroi thoracique ou tumeur inflammatoire
    N0 Pas d’adénopathie palpable
    N1 Adénopathie axillaire homolatérale mobile
    N2a Adénopathie axillaire homolatérale fixée
    N2b Adénopathie mammaire int. clinique
    N3a Adénopathie infraclaviculaire
    N3b Adénopathie axillaire et mammaire int.
    N3c Adénopathie sus-claviculaire
  6. L’analyse histologique d’un prélèvement pour cancer du sein doit préciser :
    • Le type histologique (infiltrant ou non et la variété)
    • Le grade SBR
    • La présence ou non de plusieurs foyers in situ ou infiltrants
    • Les récepteurs hormonaux
    • Le caractère Erb 2

    Et en plus, sur une pièce d’exérèse :
    • La taille de la tumeur
    • La qualité des limites d’exérèse (avec la distance en mm entre la tumeur et les berges de l’exérèse apparemment complète)
    • La recherche d’embols carcinomateux
  7. Le traitement locorégional des tumeurs égales ou inférieures à 3 cm est la tumorectomie avec exploration chirurgicale du creux axillaire (curage ou étude du ganglion sentinelle suivie ou non de curage) sauf pour les cancers in situ et les cancers infiltrants égaux ou inférieurs à 0,5 cm pour lesquels le curage est inutile. Cette tumorectomie est suivie d’une radiothérapie du sein de 50 Gy avec un complément sur la zone de tumorectomie de 15 Gy et, si envahissement ganglionnaire axillaire, une radiothérapie des régions sus-claviculaire et mammaire interne aux doses de 50 Gy.
  8. Le traitement locorégional des tumeurs de plus de 3 cm n’est plus systématiquement une mastectomie d’emblée. Des traitements conservateurs par tumorectomie suivie de radiothérapie ou par radiothérapie seule sont entrepris selon la qualité de la réponse après un traitement premier par chimiothérapie et/ou radiothérapie externe (chirurgie conservatrice si reliquat ≤ 3 cm, radiothérapie seule si pas de reliquat et mastectomie si reliquat > 3 cm).
  9. L’hormonothérapie est inutile en l’absence de récepteurs hormonaux. Elle peut suffire comme traitement adjuvant dans les formes de bon pronostic après la ménopause (T1T2 < 3 cm N0 SBR I). Elle peut suffire comme traitement palliatif de formes métastasées peu évolutives de la femme après la ménopause. L’hormonothérapie est faite soit par Tamoxifene soit par Anti-aromatases soit par Analogues de la LH-RH.
  10. La chimiothérapie fait appel aux Anthracyclines (en ne dépassant pas les doses toxiques pour le cœur), aux Taxanes, et accessoirement à la Vinorelbine aux dérivés du platine, au Fluorouracyl, au Cyclophosphamide. Elle est utilisée à titre palliatif dans les formes métastasées sauf lorsque la maladie est hormonosensible et que l’âge rend difficile la tolérance à la chimiothérapie. Il en est de même pour la chimiothérapie adjuvante, en précisant qu’il n’y a pas d’indication de chimiothérapie dans les formes à très faible risque métastatique (cf 2.).

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11.1 - Epidémiologie
11.2 - Facteurs étiologiques
11.3 - Anatomopathologie mammaire
11.4 - Diagnostic
11.5 - Bilan préthérapeutique
11.6 - Eléments pronostiques
11.7 - Moyens thérapeutiques
11.8 - Indications thérapeutiques des formes non métastasées
11.9 - Indications thérapeutiques des formes métastasées
11.10 - Place actuelle des traitements conservateurs dans le traitement locorégional du cancer du sein
11.11 - Points essentiels