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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 10 - Cancers de l’endomètre

 

10.5 - Adénocarcinome de l’endomètre

 

Le cancer de l’endomètre évolue localement, pouvant s’étendre aux organes voisinant et dans le péritoine, disséminant dans les vaisseaux sanguins et lymphatique.

10.5.1 Macroscopie

La lumière de la cavité utérine est comblée d’une tumeur hémorragique jaune, remaniée. La taille de l’utérus est soit augmentée soit normale.

La pièce communiquée doit être toujours orientée.

Des prélèvements systématiques sont réalisés :

  • Cornes, isthme, et paramètres afin d’évaluer d’une part l’extension de la tumeur et les limites d’exérèse chirurgicale
  • Tumeur et myomètre afin d’apprécier l’extension de la tumeur dans le myomètre.

Les curages iliaques : nombre de ganglions

10.5.2 Histologie

Type histologique :

         Adénocarcinome endométrioïde

         Adénocarcinome séreux

         Adénocarcinome à cellules claires

         Adénocarcinome mucineux

         Adénocarcinome squameux

         Adénocarcinome indifférencié

L’adénocarcinome de type endométrioïde est le plus fréquent (trois quarts des cas).

L’adénocarcinome à cellules claires est de plus mauvais pronostic. Les femmes sont en général plus âgées (67 versus 59 ans).

Adénocarcinome séreux : évolution semblable à celle des tumeurs épithéliales de l’ovaire.

Grade histologique
Le grade est coté en I, II et II, réalisé en fonction de la différenciation et des atypies cytonucléaires.
Les autres facteurs pronostiques sont :
Infiltration du myomètre (mois de la moitié, plus de la moitié)
Présence d’embols carcinomateux
Extension dans le col, les cornes et les paramètres
Ganglions (nombre de ganglions individualisés, nombre de ganglions métastatiques avec ou sans rupture capsulaire).
Conclusion
Hyperplasie glandulaire avec atypies de l’endomètre : lésion précancéreuse
Adénocarcinome de type endométrioïde : le plus fréquent.
Facteurs pronostiques : type histologique, grade histologique, infiltration du myométre (<1/2, >1/2), embols carcinomateux, extension, ganglions métastatiques avec ou sans rupture capsulaire.

10.5.3 Signes cliniques

Saignement utérins (métrorragies) dans 90 à 95 % des cas. C’est le maître symptôme chez les femmes ménopausées : pertes de sang rouge ou brun souvent peu abondantes.

Les douleurs sont rarement le signe princeps : elles signent une évolution avancée de la maladie.

Rarement, il est noté une annexite ou une pyométrie ou une hydrorrhée.

L’examen clinique est le plus souvent normal avec au spéculum un écoulement par l’endocol.

Les métastases sont souvent exceptionnellement révélatrices.

10.5.4 Examens complémentaires

Les frottis cervico-vaginaux doivent être effectués de principe mais leur rendement est faible.

Ne pas faire d’hystérosalpingographie si on pense à un cancer de l’endomètre.

L’échographie endovaginale permet de bien évaluer le volume tumoral, la taille de l’utérus.

Hystéroscopie et curetage (sous anesthésie générale ou non) montre en général une tumeur bourgeonnante, hypervascularisée et nécrotique et appréciera son extension muqueuse à l’endocol. Ils s’associent éventuellement à une cystoscopie et une rectoscopie à la recherche d’un envahissement tumoral.

Radiographies du thorax : à la recherche de métastases.

L’urographie intraveineuse : recherche une dilatation rénale ou un rein muet qui traduit une compression urétérale par l’envahissement des paramètres ou par un bloc ganglionnaire.

Le scanner abdomino-pelvien est fait pour évaluer la dissémination ganglionnaire et/ou hépatique et la dissémination locale.

L’IRM si besoin précise l’extension tumorale notamment au myomètre.

L’examen clinique général et le bilan biologique recherchent une contre-indication chirurgicale.

10.5.5 Extension de la maladie

L’extension locale se fait d’abord à la surface interne du corps utérin vers le col et l’isthme, puis en profondeur dans le myomètre jusqu’à la séreuse. L’extension se fait ensuite vers les organes pelviens et en premier le vagin, les annexes et la cavité péritonéale. L’extension lymphatique en passant par les vaisseaux des ovaires, du mésosalpynx et le ligament rond atteint les même relais ganglionnaires que dans le cancer du col utérin (iliaques internes, iliaques primitifs, puis lombo-aortiques parfois inguinaux).

L’extension ganglionnaire est d’autant plus fréquente que l’atteinte du myomètre est importante, que le siège de la tumeur est isthmo-cervicale et que le grade histologique est de type III.

L’extension métastatique se fait principalement vers les poumons et le foie.

10.5.6 Classifications

Classification TNM
Tis : in situ        
T1 : limité au corps utérin        
T1a : Tumeur limitée à l’endomètre (la muqueuse)        
T1b : Invasion s’étendant à moins de la moitié du myomètre        
T1c : Invasion dépassant la moitié du myomètre en épaisseur        
T2 : extension au col        
T3 : extension extra-utérine/ limitée au petit bassin (séreuse, annexes, vagin)        
T4 : extension à la muqueuse vésicale et/ou rectale/ en dehors du petit bassin        
N0 : pas d’adénopathie        
N1 : adénopathie        
M1 : métastases        
Classification FIGO
Stade 0 : in situ (aspect histologique)
Stade I : limité au corps utérin
IA : limité à l’endomètre
IB : ≤ 50 % du myomètre
IC : > 50 % du myomètre
Stade II : envahissement du col
Stade III : extension en dehors de l’utérus mais en dedans du pelvis
IIIA : annexes
IIIB : paroi rectale et/ou vésicale
Stade IV : extension en dehors du pelvis, du rectum, de la vessie
IVA : organe pelvien (muqueuse)
IVB : extension à distance
Grade histologique
grade I : tumeur très différenciée        
grade II : tumeur moyennement différenciée        
grade III : tumeur totalement indifférenciée        

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10.1 - Epidémiologie
10.2 - Facteurs de risque
10.3 - Anatomopathologie
10.4 - Lésion précancéreuse
10.5 - Adénocarcinome de l’endomètre
10.5.1 - Macroscopie
10.5.2 - Histologie
10.5.3 - Signes cliniques
10.5.4 - Examens complémentaires
10.5.5 - Extension de la maladie
10.5.6 - Classifications
10.5.7 - Facteurs pronostiques
10.5.8 - Traitement chirurgical
10.5.9 - Radiothérapie
10.5.10 - Place de la chimiothérapie
10.5.11 - L’hormonothérapie
10.5.12 - Indications thérapeutiques
10.5.13 - Survies
10.5.14 - Surveillance
10.5.15 - Points essentiels