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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie I - Cancérologie générale
Chapitre 1 - Généralités cliniques

 

1.2 - Diagnostic

1.2.1 - Le diagnostic positif

 

1.2.1.1 Les signes révélateurs

Ils sont très variables selon la localisation et on insiste sur l’absence fréquente de corrélation anatomoclinique.

Trois éléments sont particulièrement suspects :

  • l’hémorragie (y compris sous anticoagulants),
  • les troubles fonctionnels récents persistant au-delà de 2 à 3 semaines (telle la dysphonie dans le cancer du larynx) et en tout cas une évolution vers l’aggravation, éventuellement entrecoupée de paliers mais sans véritable amélioration,
  • l’apparition d’une tuméfaction.

Assez souvent (10 - 15 % des cas) c’est l’examen systématique du médecin qui découvre la tumeur alors que le malade vient pour un autre motif.

Enfin, certains cancers sont découverts par dépistage systématique de masse ou par un dépistage orienté sur une population à risque.

1.2.1.2 Les arguments en faveur du diagnostic

Il est utile de faire un diagnostic « précoce » car les résultats sont bien meilleurs dans le groupe des petites tumeurs (T1-T2) que dans le groupe des tumeurs plus évoluées, diagnostiquées plus tardivement (T3-T4).

Les arguments locaux sont cliniquement l’infiltration associée dans les cas typiques à une ulcération et à un bourgeonnement hémorragique. Une ulcération, avec ou sans bourgeonnement, est surtout suspecte si elle s’accompagne d’une infiltration. Une ulcération traumatique ou infectieuse se répare rapidement seule ou avec un traitement antibiotique. Une ulcération qui persiste au delà de 10 jours est suspecte.

Des signes spécifiques existent pour certaines localisations. Exemples : une tuméfaction du sein avec rétraction cutanée est un cancer du sein, une sinusite douloureuse et hémorragique est un cancer des cavités aériennes de la face jusqu’à preuve du contraire...

Les arguments locaux existent en endoscopie pour les organes accessibles à ce moyen d’investigation. L’infiltration se manifeste par une rigidité. Au moindre doute, on profite de l’examen pour faire des biopsies. En imagerie, existent également des arguments locaux. L’infiltration, l’envahissement se manifestent par des diminutions de mobilité et par des « lacunes » ou des opacités à contours irréguliers.

Des signes spécifiques existent également en imagerie pour certaines localisations. Exemples : l’opacité stellaire avec microcalcifications en amas au même endroit et un peu à distance dans le cancer du sein, l’opacité en TDM ou IRM du cerveau plus ou moins régulière mais avec nécrose en son sein dans le glioblastome...

Les arguments liés au contexte tiennent compte de l’âge, d’une éventuelle intoxication alcoolo tabagique, d’un contexte familial d’orientation (par exemple plusieurs cancers du sein dans la famille alors qu’on a une petite tuméfaction mammaire avec image peu éloquente), d’une origine géographique particulière, d’une pathologie prédisposante (par exemple antécédents de polypes coliques pour les cancers du colon et du rectum).

Les arguments biologiques ne sont habituellement d’aucun secours lorsque le diagnostic n’est pas d’emblée évident. Une VS élevée au delà de 40 à la 1ère heure est rarement observée dans ces situations et elle peut être élevée pour d’autres raisons. Les marqueurs ne sont élevés que lorsque les tumeurs sont importantes ou lorsqu’elles ont diffusé c’est à dire lorsque la masse tumorale est importante sauf pour le PSA dans le cancer de la prostate, l’Alpha FP et la Bêta HCG dans le cancer du testicule, la calcitonine dans le cancer médullaire de la thyroïde.

1.2.1.3 Les arguments de certitude

Ils sont histologiques ou cytologiques à la suite de biopsies au bistouri, de biopsies à l’aiguille, ou de ponctions à l’aiguille fine. Ils reposent sur l’aspect malin des cellules et l’envahissement des tissus normaux. Ils permettent la certitude médicale et précisent la variété, notion utile pour le pronostic et le traitement. Enfin l’intérêt est également médicolégal. Il y a cependant des situations exceptionnelles au cours desquelles le traitement peut être entrepris sans certitude histo cytologique représentées essentiellement par les tumeurs médiastinales compressives avec syndrome cave supérieur sans élément périphérique biopsiable et les tumeurs du tronc cérébral.

1.2.1.4 Les diagnostics différentiels

Pour chaque localisation tumorale existent des diagnostics différentiels, c’est-à-dire des pathologies qui peuvent plus ou moins prêter à confusion avec un cancer. Le plus souvent, ce sont des dysplasies ou des tumeurs bénignes. En pratique il faut les connaître pour ne pas se laisser égarer et diminuer ainsi la fréquence des diagnostics tardifs.

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1.1 - Fréquence du cancer
1.2 - Diagnostic
1.3 - Le TNM
1.4 - Les principes de traitements
1.5 - Le pronostic
1.6 - La surveillance
1.7 - Les marqueurs
1.8 - Les résultats
1.9 - Les essais randomisés
1.2.1 - Le diagnostic positif
1.2.2 - Le diagnostic d’extension
1.2.3 - L’observation
1.2.4 - Les aspects psychologiques
1.2.5 - Le contexte familial et socio-économique
1.2.1.1 - Les signes révélateurs
1.2.1.2 - Les arguments en faveur du diagnostic
1.2.1.3 - Les arguments de certitude
1.2.1.4 - Les diagnostics différentiels