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Résistances aux β-lactamines

Table des matières

1 - Aeromonas hydrophila

2 - Acinetobacter

3 - Bacteroides fragilis

4 - Citrobacter diversus

5 - Citrobacter freundii

6 - Enterobacter

7 - Escherichia coli

8 - Klebsiella oxytoca

9 - Klebsiella pneumoniae

10 - Morganella morganii

11 - Proteus mirabilis

12 - Proteus vulgaris

13 - Providencia

14 - Pseudomonas

15 - Serratia marcescens

16 - Stenotrophomonas maltophilia (Xanthomonas)

17 - Salmonella

Références


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 3 - Bacteroides fragilis

 

 

Les Bacteroides du groupe fragilis sont des bacilles à Gram négatif appartenant à la famille des Bacteroidaceae qui constituent une famille très importante de bactéries anaérobies, en particulier au niveau du tractus intestinal. Ces bactéries ont en commun de ne pas utiliser l’oxygène comme accepteur d’électron, leur croissance pouvant même être inhibée en présence d’O2.

3.1 Pouvoir pathogène

Les Bacteroides sont souvent isolés de suppurations anaérobies, le plus souvent lors de péritonites. Bacteroides fragilis est également responsable de septicémies. Le potentiel pathogène est lié à la production d’enzymes (héparinase, neuraminidase), ainsi qu’à des lipopolysaccharides et polysaccharides capsulaires.

3.2 Principaux caractères biochimiques

Bactérie anaérobie obligatoire (ne se développe pas au contact de l’air). Bacteroides fragilis possède une capsule.

  1. fermentation du glucose +
  2. indole -
  3. croissance en présence de bile +

3.3 Résistance naturelle

Bacteroides fragilis, comme toutes les bactéries anaérobies, est naturellement résistant aux aminosides (pas de transport actif transmembranaire). Ces bactéries sont généralement résistantes aux beta-lactamines par production d’une beta-lactamase chromosomique codée par le gène cepA, non inductible, inhibée par le clavulanate et apparentée aux céfuroximases des Proteus (dans 70 % des souches). Figure 5.

MTR TA CLI CC
AMX   PIP  
  IPM   AMC
FOX CS - GM

Image img8.gif
Figure 5 Bacteroides fragilis

Quelques souches (environ 3 %) produisent une imipénèmase CfiA et constituent un groupe génétiquement distinct de Bacteroides fragilis. La transcription du gène de l’imipénèmase CfiA peut être sous le contrôle de promoteurs apportés en amont par des séquences IS. Ce groupe est lui-même divisé en deux sous-groupes :

  1. les souches qui hybrident fortement avec une sonde CfiA et qui sont résistantes à l’imipénème et aux combinaisons beta-lactamines-inhibiteurs
  2. les souches qui donnent un signal faible avec une sonde CfiA, qui sont sensibles à l’imipénème mais restent résistantes aux combinaisons beta-lactamines-inhibiteurs.

La métallo-beta-lactamase CfiA (CcrA) :

L’enzyme se caractérise par un pI de 4,8/4,9. Elle est activée par le sulphate de Zinc (entre 50 à 500 mM), et est inhibée par l’EDTA et le mercure. L’enzyme contient plusieurs résidus Cystéine, ce qui rend son expression difficile dans une souche réceptrice dsbA+ (periplasmic DiSulfide Bond-catalyzing system). Ces résidus contribuent à la fixation de 2 atomes de zinc par site actif.

3.4 Résistance acquise

Il y a très peu de données sur la résistance acquise de Bacteroides fragilis aux beta-lactamines. Une diminution d’affinité des PLPs ont été évoqués pour des souches résistantes à l’imipénème ne produisant pas de metallo- beta-lactamases. Une modification dans la composition des protéines de membrane externe et du lipopolysaccharide a été mis en évidence dans les souches qui produisent la métallo-beta-lactamase CfiA, mais cette observation pourrait être liée au fait que les Bacteroides fragilis qui produisent CfiA appartiennent à un biotype différent des souches qui possède le gène de la céphalosporinase endogène cepA.

3.5 Bibliographie

Généralités [127],[24],[20],[38],[25],[39].
Metallo-beta-lactamases (imipénèmases) [26],[16],[28],[143],[107],[106],[108]

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3.1 - Pouvoir pathogène
3.2 - Principaux caractères biochimiques
3.3 - Résistance naturelle
3.4 - Résistance acquise
3.5 - Bibliographie