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Résistances aux β-lactamines

Table des matières

1 - Aeromonas hydrophila

2 - Acinetobacter

3 - Bacteroides fragilis

4 - Citrobacter diversus

5 - Citrobacter freundii

6 - Enterobacter

7 - Escherichia coli

8 - Klebsiella oxytoca

9 - Klebsiella pneumoniae

10 - Morganella morganii

11 - Proteus mirabilis

12 - Proteus vulgaris

13 - Providencia

14 - Pseudomonas

15 - Serratia marcescens

16 - Stenotrophomonas maltophilia (Xanthomonas)

17 - Salmonella

Références


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 14 - Pseudomonas

 

 

Famille des Pseudomonadaceae qui comprend de nombreuses espèces (Pseudomonas aeruginosa, Pseudomonas fluorescens, Burkholderia cepacia, Stenotrophomonas maltophilia). Bacilles à Gram négatif ne fermentant pas le glucose (comme Acinetobacter), largement présent dans l’environnement (eau, sol, végétaux).

14.1 Pouvoir pathogène

Pathogène opportuniste isolé essentiellement chez des patients présentant une immunodéficience locale ou générale (brulés, cancéreux, etc). Pseudomonas aeruginosa est très fréquemment impliquées dans les infections nosocomiales (infections pulmonaires, cutanées).

14.2 Principaux caractères biochimiques

Pseudomonas aeruginosa appartient au groupe des non fermentants. Bactérie aérobie stricte, mobile, produisant de la pyocyanine, capable de se multipliere à 41C (contrairement à P. fluorescens et P. putida).

  • réduction des nitrates en nitrites +
  • oxydase +

14.3 Résistance naturelle

Pseudomonas est naturellement résistant à un grand nombre d’antibiotiques en raison (i) de la production d’une beta-lactamase chromosomique inductible de classe C qui n’est pas inhibée par le clavulanate et qui hydrolyse préférentiellement les céphalosporines de première génération, et (ii) d’une mauvaise perméabilité membranaire. Pour la famille des beta-lactamines, les molécules qui restent actives sont la ticarcilline, la pipéracilline, la cefsulodine, l’association ticarcilline + clavulanate, la ceftazidime, l’aztréonam et l’imipénème (exemple : P. aeruginosa 1746). P. aeruginosa est également généralement résistant à la kanamycine.

14.4 Résistance acquise

La résistance aux beta-lactamines chez Pseudomonas pose souvent de sérieux problèmes car elle entraine souvent la résistance à la plupart des antibiotiques. Ce type de résistance est généralement lié à des mutations conduisant à une hyperexpression de la beta-lactamase chromosomique de classe C (exemple, P. aeruginosar 2307) et à une diminution de la perméabilité membranaire (déficite de la porine D2 spécifiquement associée à la résistance à l’imipénème) (exemple, P. aeruginosar 1092).. De nombreuses beta-lactamases (Types TEM, OXA, PSE), conférant la résistance aux pénicillines, ont été identifiées chez P. aeruginosa.

14.4.1 Beta-lactamases de type BLSE

La beta-lactamase PER-1, qui confère un phénotype de résistance de type BLSE, a été décrite dans une souche clinique de P. aeruginosa. Plus récemment, des variants de type TEM (TEM-42) et SHV-2 ont également été caractérisés. De nombreux mutants d’oxacillinases (OXA-11, -13, -14, -15, -18 par ex), conférant un haut niveau de résistance aux céphalosporines de troisième génération et inhibés par le clavulanate, ont été décrits ces dernières années.

14.4.2 Résistance à l’imipénème

(exemple P. aeruginosa 1092)

Elle peut être non enzymatique. Elle résulte alors de la perte de la porine D2 qui entraînent une diminution spécifique de la perméabilité pour l’imipénème. La résistance ne s’exprime à haut niveau que si la perte de D2 est accompagnée d’une hyperproduction de la céphalosporinase chromosomique.

Elle peut être enzymatique. Elle est dans ce cas liée à la production de métallo-beta-lactamases de classe B (enzymes à zinc) qui présentent généralement un large spectre de substrat incluant les céphalosporines de troisième génération (sauf l’aztréonam) et l’imipénème. Ces enzymes sont inhibées par l’EDTA. A l’heure actuelle, on les trouve en situation plasmidique, ce qui fait craindre leur dissémination dans un avenir proche.

14.4.3 Résistance par modification des PLPs

Des modifications de la PLP3 ont été décrites dans des souches résistantes à la cefsulodine. Une souche résistante à l’imipénème présentait des modifications de la PLP4.

14.4.4 Résistance par mécanisme d’efflux

Chez P. aeruginosa, un système d’efflux (MexAB-OprM) a été décrit. Une augmentation du niveau d’expression de ces protéines peut entraîner une diminution de la sensibilité aux beta-lactamines.

14.5 Bibliographie

  1. Céphalosporinase chromosomique : [70],[84],
  2. Classe C et résistance aux carbapénèmes : [86],[34],
  3. Classe B (metallo-beta-lactamases) : [133],[140],[139],[98],
  4. Extended-spectrum beta-lactamases : [130],[148],[29],[156],
  5. PSE-type beta-lactamases : [52],[100],
  6. OXA-type beta-lactamases : [56],[111],[31],[30],[36],
  7. Mutants D2 et porines : [43],[149],
  8. Résistance par modification des PLPs : [8],[145],[63],
  9. Efflux : [75].

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14.1 - Pouvoir pathogène
14.2 - Principaux caractères biochimiques
14.3 - Résistance naturelle
14.4 - Résistance acquise
14.5 - Bibliographie
14.4.1 - Beta-lactamases de type BLSE
14.4.2 - Résistance à l’imipénème
14.4.3 - Résistance par modification des PLPs
14.4.4 - Résistance par mécanisme d’efflux