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Bactériologie

Table des matières

1 - Anatomie fonctionnelle des bactéries

2 - Génétique bactérienne

3 - Staphylocoques

4 - Les streptocoques, entérocoques et pneumocoques

5 - Les neisseria

6 - Les bacilles à gram positif non sporules

7 - Entérobactéries et autres bacilles à gram négatif non exigeants

8 - Les bacilles a gram positif sporules

9 - Les bacilles à gram négatif hémophiles ou exigeants

10 - La flore microbienne normale de l’organisme

11 - Les spirochetes

12 - Mycobactéries

13 - Les rickettsia et bactéries voisines

14 - Les chlamydia


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 9 - Les bacilles à gram négatif hémophiles ou exigeants

 

 

Les bactéries hémophiles forment un groupe hétérogène de petits bacilles qui ne cultivent que sur des milieux enrichis en sang ou en extraits sanguins. Certaines appartiennent à la flore normale des muqueuses ; d'autres, Haemophilus influenzae, Bordetella pertussis, sont des pathogènes.

9.1 Genre géemophilus

9.1.1 Caractères généraux

Les Haemophilus sont de petits bacilles à Gram négatif, aérobies-anaérobies facultatifs, immobiles, non sporulés, qui exigent pour leur croissance un ou deux facteurs présents dans le sang et dans les tissus animaux :

  • Le facteur « V » (lettre « v » majuscule), thermolabile est le coenzyme 1 ou Nicotinamide- Adénine-Dinucléotide (N.A.D.).
  • Le facteur « X » (lettre « x » majuscule) ou hémine, thermostable est une ferroprotoporphyrine.
    Plusieurs Haemophilus sont pathogènes pour l'homme. Le principal est Haemophilus influenzae.

9.1.2 Haémophilus influenzae

9.1.2.1 Habitat

Découvert en 1892 par PFEIFFER qui pensait avoir trouvé l'agent de la grippe, H.influenzae est un commensal de l'arbre respiratoire supérieur, au moins sous sa forme non capsulée. La forme capsulée de type b, la plus pathogène, pourrait être parasite strict de l'espèce humaine et transmise par voie respiratoire.

9.1.2.2 Pouvoir pathogène

  1. Chez le jeune enfant :
    H.influenzae provoque des rhinopharyngites qui peuvent se compliquer de sinusites et d'otites (H.influenzae est l'agent le plus fréquent des otites moyennes, immédiatement suivi par le pneumocoque). Par voie hématogène, il peut atteindre les méninges et provoquer une méningite (enfant de moins de 3 ans). Occasionnellement il peut être responsable de laryngite et de laryngo-trachéite et d'épiglottite.
  2. Chez les sujets à moyens de défense diminués :
    Il peut être responsable de bronchites (chez les bronchitiques chroniques), de pneumonies, d'arthrites (plus rarement d'endocardites).

9.1.2.3 Etude bactériologique

  1. Microscope
    Dans les produits pathologiques, H.influenzae se présente sous la forme de tout petits bacilles à Gram négatif, d'aspect coccobacillaire, groupés en amas, en courtes chaînettes. Les souches virulentes sont capsulées (comme pour le pneumocoque).
  2. Culture
    H.influenzae exige pour sa croissance les facteurs X et V qui sont présents dans la gélose au sang cuit (gélose chocolat) ou dans la gélose ordinaire additionnée d'extrait globulaire. Les colonies apparaissent en 24-48 heures.
  3. Caractères biochimiques
    L'étude des caractères biochimiques n'a pas d'intérêt pour le diagnostic mais un intérêt épidémiologique pour différencier les biotypes. Celui-ci repose sur l'exigence en facteurs X et V, et sur la mise en évidence des caractères antigéniques.
  4. Structure antigénique
    Lorsque H.influenzae est capsulé, la capsule est de nature polysaccharidique. Il existe, en fonction de la structure antigénique de la capsule, 6 types : a, b, c, d, e et f. Comme pour S.pneumoniae, le sérotypage de H.influenzae à l'aide d'immunserums spécifiques se fait par le phénomène du gonflement de la capsule. Le type b est de loin le plus pathogène.

9.1.2.4 Diagnostic bactériologique

Le diagnostic est uniquement direct. Les prélèvements consistent en sécrétions bronchiques prélevées par brossage bronchique protégé, pus, sang, liquide céphalo-rachidien.

  1. L'examen microscopique est souvent très évocateur. Les bacilles peuvent être identifiés directement sur le frottis par immunofluorescence. En cas de méningite, la contre-immuno-électrophorèse ou l'agglutination de particules de Latex portant des anticorps anticapsulaires de type b permet d'identifier la présence d'antigène dans le liquide céphalo-rachidien.
  2. La culture se fait sur gélose chocolat et l'identification ultérieure des colonies, par l'exigence en facteurs X et V, et par la mise en évidence de l'antigène capsulaire. Elle sera toujours complétée par une recherche de la sensibilité aux antibiotiques, notamment à l'ampicilline (existence ou non d'une betalactamase) et au chloramphénicol.

9.1.2.5 Traitement

Le problème thérapeutique est surtout celui des méningites car 10 à 20 % des souches de H.influenzae sont résistantes à l'ampicilline, par production de bêtalactamase d'origine plasmidique. Le traitement de première intention, en attendant les résultats du laboratoire, repose soit sur le chloramphénicol soit sur une céphalosporine non inactivée par la bêtalactamase de la bactérie, par exemple une céphalosporine de 3e génération comme le céfotaxime.

Maintenant, une vaccination anti-Haemophilus efficace est disponible. L'antigène vaccinal est constitué de polysaccharide de H.influenzae de type b. Le but de la vaccination est de protéger les enfants de la forme la plus grave de l'infection à H.influenzae, la méningite. Il est nécessaire de vacciner les enfants avant 6 mois pour qu'ils aient une protection immunitaire efficace pendant la période de risque maximal située entre 6 et 11 mois. Parce qu'avant 6 mois le système immunitaire n'est pas complétement mature, plusieurs injections sont nécessaires pour obtenir des réponses immunitaires satisfaisantes.

Depuis la généralisation de la vaccination en France, l'incidence annuelle des manifestations invasives (méningites, epiglottites) dues à Haemophilus influenzae de sérotype b est passée de 21-25 pour 100.000 enfants âgés de 0 à 4 ans à moins de 4 pour 100.000. L'incidence annuelle des méningites à H.influenzae de sérotype b pour l'ensemble de la France est maintenant de 2 pour 100.000 enfants de la même tranche d'âge (Peltola, Clin. Microbiol. Rev. 2000 ; 13 : 302-317).

9.1.3 Autres haemophilus

  • H.ducreyi est l'agent du chancre mou, une maladie sexuellement transmise, qui après une incubation d'une semaine en moyenne se traduit par une ulcération génitale, profonde, inflammatoire et douloureuse et des adénopathies satellites également douloureuses le plus souvent unilatérales (classique bubon). Pour sa culture in vitro, le bacille exige le facteur X seulement.
    Le chancre mou qui avait presque disparu de France est réapparu en 1973. A Paris, depuis cette date, près de 2000 cas ont été signalés : traitement par l'association sulfaméthoxazole-triméthoprime (Bactrim) pendant 3 semaines (MOREL P., CASIN I., GANDIOL C., VALLET C., et CIVATTE J. Epidémie de Chancre mou : traitement de 587 malades. La Nouv. Presse Médicale 1982, 11,655-656).
  • H.aegyptus ou bacille de KOCH-WEEKS est l'agent de conjonctivite épidémique dans les régions tropicales. Il exige les facteurs X et V.
  • H.parainfluenzae est un commensal du rhinopharynx. Il peut être responsable d'endocardite infectieuse. Il exige le facteur V seulement.
  • H.haemolyticus et parahaemolyticus sont des commensaux du rhinopharynx. Ils peuvent être associés à des infections de l'arbre respiratoire supérieur. Comme leur nom l'indique, ils sont hémolytiques sur gélose au sang.

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9.1 - Genre géemophilus
9.2 - Genre bordetella
9.3 - Genre brucella
9.1.1 - Caractères généraux
9.1.2 - Haémophilus influenzae
9.1.3 - Autres haemophilus
9.1.2.1 - Habitat
9.1.2.2 - Pouvoir pathogène
9.1.2.3 - Etude bactériologique
9.1.2.4 - Diagnostic bactériologique
9.1.2.5 - Traitement