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Bactériologie

Table des matières

1 - Anatomie fonctionnelle des bactéries

2 - Génétique bactérienne

3 - Staphylocoques

4 - Les streptocoques, entérocoques et pneumocoques

5 - Les neisseria

6 - Les bacilles à gram positif non sporules

7 - Entérobactéries et autres bacilles à gram négatif non exigeants

8 - Les bacilles a gram positif sporules

9 - Les bacilles à gram négatif hémophiles ou exigeants

10 - La flore microbienne normale de l’organisme

11 - Les spirochetes

12 - Mycobactéries

13 - Les rickettsia et bactéries voisines

14 - Les chlamydia


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 8 - Les bacilles a gram positif sporules

 

8.2 - Bacilles anaérobies sporules

 

Les bacilles anaérobies sporulés appartiennent tous au genre Clostriduim. La plupart d’entre eux décomposent les protéines ou produisent des toxines , et certaines font les deux. Leur habitat naturel est le sol ou le tube digestif des animaux et de l’homme. La plupart des espèces sont des saprophytes. Parmi les pathogènes, les principaux sont les clostridia botulisme, du tétanos et de la gangrène gazeuse.

8.2.1 Caractères généraux des bactéries du genre clostridium

Toutes les bactéries du genre Clostridium sont de gros bacilles à Gram positif qui peuvent donner des spores plus larges que le diamètre des bacilles. La plupart des espèces sont mobiles et possèdent des flagelles péritriches.

Les bactéries du genre Clostridium ne poussent qu'en anaérobiose, soit sur boîtes de Petri placées dans des enceintes anaérobies (jarres anaérobies), soit dans des bouillons contenant des agents réducteurs. Dans ce dernier cas, la culture ne se fait qu'en profondeur.

Sur gélose au sang, placée en anaérobiose, certaines espèces donnent de grandes, d'autres de petites colonies. La plupart des colonies sont hémolytiques.

La caractéristique principale des bacilles anaérobies est non seulement leur incapacité à utiliser l'oxygène comme accepteur final d'hydrogène mais encore leur incapacité à se multiplier en présence d'oxygène. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce phénomène : les bacilles anaérobies n'ayant pas de catalase, le peroxyde d'hydrogène, qui est toxique, s'accumule dans leur cytoplasme en présence d'oxygène ; ou encore, n'ayant pas de superoxyde dismutase, le superoxyde s'accumule et devient toxique. On a suggéré aussi que les réactions métaboliques ne pouvaient avoir lieu qu'à un potentiel d'oxydo-réduction négatif.

8.2.2 Clostridium botulinum

Clostridium botulinum est l'agent du botulisme.

8.2.2.1 Habitat

Clostridium botulinum est une bactérie tellurique que l'on peut trouver occasionnellement dans l'intestin des animaux. Ses spores peuvent contaminer les légumes, les fruits et d'autres produits. Actuellement, le principal danger réside dans les conserves familiales, notamment deharicots verts, petits pois, les poissons fumés, les poissons frais gardés sous vide et le jambon cru. Entre 1971 et 1978 (J.O.), 567 cas de botulisme ont été déclarés en France dont 15 mortels. On considère qu'il y a en moyenne 20 à 50 cas déclarés par an.

8.2.2.2 Pouvoir pathogène naturel

C.botulinum ne provoque pas habituellement d'infection chez l'homme bien qu'il ait été exceptionnement impliqué dans l'infection de plaies et apparition ultérieure de botulisme. Le botulisme est une intoxication qui résulte de l'ingestion d'aliments contaminés par des spores de C.botulinum qui ont germé et ont produit de la toxine.

L'ingestion des aliments entraîne l'ingestion d'une quantité plus ou moins importante de toxine. L'incubation de la maladie est courte, 18 à 96 heures, et d'autant plus courte que la quantité de toxine absorbée est plus importante.

Les signes cliniques sont essentiellement neurologiques : ce sont des paralysies flasques bilatérales et symétriques :

  • de l'accomodation (constantes) et des muscles extrinsèques de l'œil,
  • des muscles bucco-pharyngés, entraînant une dysphagie, une paralysie de la déglutition et des difficultés d'élocution.

Les troubles digestifs - nausées, vomissements, constipation - sont fréquents mais pas au premier plan.

Selon la quantité de toxine ingérée, il y a des formes frustres et des formes mortelles.

Dans ces dernières, les signes de paralysie bulbaire sont progressifs, le malade restant parfaitement conscient, et la mort survient par paralysie respiratoire et arrêt cardiaque.

Dans les formes non mortelles, l'évolution dure en général 4 semaines, la régression des signes paralytiques se faisant dans l'ordre inverse de leur apparition et ne laissant pas de séquelles. Les malades qui guérissent n'ont pas d'anticorps sériques anti-toxine botulinique (maladie non immunisante).

8.2.2.3 Caractères bactériologiques

  • Bacille mobile, jamais isolé chez l'homme (il s'agit d'une intoxication), parfois dans l'aliment. Il est très protéolytique et très glucidolytique.
  • La spore a une thermo-résistance élevée. Elle résiste 3 à 5 heures au chauffage à 100°C et il faut chauffer au moins 15 minutes à 120°C pour la détruire (ce qui est fondamental dans l'industrie des conserves alimentaires).

8.2.2.4 La toxine botulinique

  • Il y a 6 variétés antigéniquement distinctes de toxines : A, B, C, D, E et F. Les variétés A, B et E sont les plus couramment associées à la maladie humaine. On devrait dire les toxines botuliniques et non pas la toxine botulinique.
  • Les toxines botuliniques sont parmi les substances les plus toxiques connues : 1 mg contient plus de 20 millions de doses minima mortelles (D.M.M.) pour la souris. Ce sont des neurotoxines qui agissent en inhibant la synthèse ou la libération d'acétyl-choline au niveau des synapses et des plaques neuro-musculaires, d'où la paralysie flasque.
  • Les toxines botuliniques sont de nature protéique. Elles sont antigéniques, peuvent être transformées en anatoxines et être neutralisées par des immunsérums (anti-toxines). Elles sont détruites par un chauffage de 10 minutes à 100°C.
  • La toxine botulinique est synthétisée par la bactérie au cours de sa croissance sous forme inactive. Lors de la mort bactérienne, elle subit une protéolyse qui la met sous forme active.

8.2.2.5 Diagnostic

Le diagnostic clinique repose sur les troubles paralytiques (vision) et la notion de contamination (parfois collective) après consommation d'un même aliment.

Le diagnostic biologique repose sur la recherche de la toxine dans l'aliment incriminé (méthode des souris protégées avec des immuno-sérums spécifiques) et dans le sérum des malades. Cette recherche se fait dans des laboratoires spécialisés.

8.2.2.6 Traitement

Curatif
Puis que la variété de toxine botulinique responsable n'est habituellement pas connue, du sérum bivalent (A + B) ou trivalent (A + B + E) est administré par voie intraveineuse. Le traitement est complétée par l'administration sous-cutanée d'anatoxine botulinique. Du chlorhydrate de guanidine (anti-cholinestérasique) est souvent utilisé comme adjuvant au traitement. Une assistance respiratoire artificielle peut être nécessaire dans les cas graves.
Préventif
Il repose surtout sur les mesures légales concernant la préparation industrielle des conserves alimentaires et l'abattage des animaux ainsi que sur les précautions à prendre pour la préparation familiale des conserves. Toutes les conserves suspectes doivent être jetées sinon chauffées à 100°C pendant au moins 10 minutes avant d'être consommées.

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8.1 - Bacilles aerobies sporules
8.2 - Bacilles anaérobies sporules
8.2.1 - Caractères généraux des bactéries du genre clostridium
8.2.2 - Clostridium botulinum
8.2.3 - Clostridium tétani
8.2.4 - Clostridia de la gangrène gazeuse
8.2.5 - Les colites pseudomembraneuses provoquées par les clostridia
8.2.2.1 - Habitat
8.2.2.2 - Pouvoir pathogène naturel
8.2.2.3 - Caractères bactériologiques
8.2.2.4 - La toxine botulinique
8.2.2.5 - Diagnostic
8.2.2.6 - Traitement