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Bactériologie

Table des matières

1 - Anatomie fonctionnelle des bactéries

2 - Génétique bactérienne

3 - Staphylocoques

4 - Les streptocoques, entérocoques et pneumocoques

5 - Les neisseria

6 - Les bacilles à gram positif non sporules

7 - Entérobactéries et autres bacilles à gram négatif non exigeants

8 - Les bacilles a gram positif sporules

9 - Les bacilles à gram négatif hémophiles ou exigeants

10 - La flore microbienne normale de l’organisme

11 - Les spirochetes

12 - Mycobactéries

13 - Les rickettsia et bactéries voisines

14 - Les chlamydia


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traduction HTML V2.7
V. Morice


Chapitre 7 - Entérobactéries et autres bacilles à gram négatif non exigeants

 

7.1 - Les entérobactéries

7.1.1 - Caractères généraux et classification des entérobactéries

 

7.1.1.1 Définition des entérobactéries

La famille des entérobactéries se définit par les caractères suivants :

  • bacilles à Gram négatif (2 à 4 microns de long sur 0,4 à 0,6 microns de large),
  • mobiles avec ciliature péritriche ou immobiles,
  • poussant sur milieux de culture ordinaires,
  • aérobies - anaérobies facultatifs,
  • fermentant le glucose avec ou sans production de gaz,
  • réduisant les nitrates en nitrites,
  • oxydase négatif.

Les entérobactéries sont une famille très hétérogène pour ce qui est de leur pathogénie et de leur écologie. Les espèces qui composent cette famille sont en effet soit parasites (Shigella, Yersinia pestis), soit commensales (Escherichia coli, Proteus mirabilis, Klebsiella sp), soit encore saprophytes (Serratia sp, Enterobacter sp).

7.1.1.2 Répartition en genres

Au sein des entérobactéries, on distingue de nombreux genres (Shigella, Escherichia, Enterobacter, Serratia, etc…). La distinction entre les genres se fait par l'étude des caractères biochimiques dont les plus importants sont : fermentation du lactose, production d'indole, production d'uréase, production d'acetoïne (réaction dite VP+), utilisation du citrate, desamination du tryptophane.

7.1.1.3 Caractérisation des espèces

Au sein de chaque genre, on individualise des espèces, par l'étude des caractères biochimiques ou antigéniques. Les entérobactéries possèdent toutes des antigènes de paroi (« somatiques ») ou antigènes O. Les entérobactéries mobiles possèdent en plus des antigènes de flagelle (« flagellaires ») ou antigènes H. Enfin, certains possèdent un antigène d'enveloppe ou antigène K.

  1. Antigène O
    L'antigène O est l'endotoxine des bactéries à Gram négatif. Il est composé de lipopolysaccharides (LPS) complexes, très toxiques, capables de provoquer dans l'organisme humain fièvre, leucopénie, bradycardie, hypotension et choc, coagulation intra-vasculaire disséminée et mort (la dose létale pour la souris est de 200 mcg).
    L'antigène O est constitué d'une mosaïque d'antigènes dont certains sont des constituants communs à toutes les entérobactéries et germes apparentés, et d'autres, des constituants spécifiques de chaque espèce. On peut identifier ces antigènes par plusieurs techniques dont la plus courante est l'agglutination sur lame avec des sérums spécifiques : la présence d'une agglutination indique qu'il y a correspondance entre le sérum utilisé et un antigène de la souche étudiée.
    Au cours des infections systémiques à entérobactéries, il y a lyse bactérienne et libération d'antigène O. En raison de sa toxicité, celui-ci entraîne un certain nombre d'effets physiopathologiques (cf. anatomie fonctionnelle). Etant antigénique, il entraîne aussi la formation d'anticorps spécifiques anti-O qui peuvent être dosés dans certains cas fournir un moyen indirect de faire le diagnostic de la maladie, comme par exemple le séro-diagnostic de WIDAL et FELIX dans le cas des fièvres typhoïde et paratyphoïdes.
  2. Antigène H
    L'antigène H n'est pas toxique. De nature protéique, il est constitué comme l'antigène O d'une mosaïque d'antigènes avec des constituants communs à toutes les entérobactéries mobiles et des constituants spécifiques à chaque espèce. On peut les mettre en évidence par agglutination sur lame avec des sérums spécifiques. Au cours des infections systémiques à entérobactéries, il y a formation d'anticorps anti H. Ces anticorps qui ne sont pas neutralisants (c'est-à-dire qui n'ont pas d'effet protecteur) peuvent être dosés et permettre alors, avec les anticorps anti-O, de faire le séro-diagnostic des infections à entérobactéries.
  3. Antigène K
    L'antigène K qui entoure la paroi de certaines entérobactéries peut masquer l'antigène O (ex. antigène Vi, pour virulence, de Salmonella typhi).

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7.1 - Les entérobactéries
7.2 - Les autres bacilles à gram négatif aerobies non exigeants
7.1.1 - Caractères généraux et classification des entérobactéries
7.1.2 - Salmonella
7.1.3 - Shigella
7.1.4 - Yersinia
7.1.5 - Escherichia coli
7.1.6 - Autres entérobactéries commensales
7.1.7 - Entérobactéries saprophytes
7.1.1.1 - Définition des entérobactéries
7.1.1.2 - Répartition en genres
7.1.1.3 - Caractérisation des espèces