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7.2 - Les autres bacilles à gram négatif aerobies non exigeants
7.2.1 Les bacilles à gram négatif des genres pseudomonas et acinetobacter
Bacilles à Gram négatif des genres Pseudomonas et Acinetobacter ont beaucoup de points communs avec les entérobactéries. Ces espèces jouent un rôle important dans les infections nosocomiales et sont volontiers multirésistantes aux antibiotiques (résistance naturelle et acquise), ce qui en rend le traitement difficile. 7.2.1.1 Pseudomonas
Les Pseudomonas sont aérobies stricts, oxydase positif, mobiles, produisant souvent des pigments diffusibles et naturellement résistants à de très nombreux antibiotiques. Saprophytes, on les trouve essentiellement dans l'eau. Ils peuvent contaminer des solutés pour perfusion, des solutions antiseptiques, des préparations médicamenteuses liquides. L'espèce principale, Pseudomonas aeruginosa (ou bacille pyocyanique), a les caractères suivants : - protéolytique,
- production de deux pigments : la pyocyanine (pigment bleu), qui est spécifique de Pseudomonas aeruginosa, et la pyoverdine ou fluorescéine qui est présente chez d'autres Pseudomonas.
- production d'une exotoxine nécrosante par certaines souches.
Pseudomonas aeruginosa exprime son potentiel pathogène lorsqu'il est introduit dans des zones aux défenses immunitaires diminuées. Opportuniste majeur, il est ainsi responsable : - des suppurations à « pus bleu » des blessures et des brûlures,
- d'infections locales iatrogènes après manœuvre instrumentale : urinaires après cathétérisme, broncho-pulmonaires chez des sujets sous respirateurs, oculaires sur lentille de contact,
- de septicémies chez les brûlés, les granulopéniques (aplasies toxiques ou thérapeutiques),
- de surinfection des bronches dans la mucoviscidose, grâce à la production d'élastase.
7.2.1.2 Acinetobacter
Les Acinetobacter sont des bacilles immobiles, souvent groupés en diplobacilles courts, aérobies stricts, oxydase négatif, habituellement saprophytes. Ils jouent un rôle d'opportuniste mineur en milieu hospitalier. 7.2.2 Vibrio cholerae
7.2.2.1 Definition
Les vibrions sont des bacilles à Gram négatif, incurvés, aérobies-anaérobies facultatifs, mobiles par un seul cil polaire. Vibrio cholerae, responsable du choléra, a été découvert en 1854 par PACINI à Florence et cultivé en 1883 par R. KOCH au Caire. 7.2.2.2 Habitat
Vibrio cholérae se trouve dans les selles des malades et de certains sujets (porteurs sains). Il survit dans les eaux polluées ainsi que sur les objets contaminés. 7.2.2.3 Pouvoir pathogène
Physiopathologie : après ingestion (dose infectante importante de l'ordre de 108 bactéries), Vibrio cholerae se multiplie dans l'intestin grèle sans traverser la paroi intestinale. Il libère une exotoxine thermolabile protéique (entérotoxine) dont l'action déjà décrite chez E.coli (ETEC) entraîne une hypersécrétion d'eau et de chlorures dans la lumière intestinale et inhibe la réabsorption du sodium. Maladie : après une incubation de 1 à 4 jours, le début est brutal et marqué par des nausées, des vomissements, une diarrhée profuse et des crampes abdominales. Les selles ressemblent à de l'eau de riz et contiennent du mucus, des cellules épithéliales et beaucoup de vibrions. Les pertes en eau (plusieurs litres d'eau par jour) et en électrolytes entraînent déshydratation, collapsus circulatoire et anurie. En l'absence de traitement, la mort survient en 2 à 5 jours dans 50 % des cas environ. Le choléra évolue souvent sous une forme mineure (simple entérite) et il y a de nombreux porteurs sains de vibrions cholériques en zone endémique. 7.2.2.4 Bactériologie
- Microscopie
Bâtonnet en virgule (Vibrio comma de Robert KOCH), fin et très mobile, à Gram négatif. - Culture
Se fait sur milieux usuels, elle peut même s'effectuer sur milieux alcalins (pH 8,5 à 9,2) et hypersalés à 30 % de NaCl. Cette propriété est mise à profit pour la préparation de milieux sélectifs et d'enrichissement (repiquages successifs). Les colonies sont rondes, bleutées, transparentes. - Biochimie
Vibrio cholerae est aérobie-anaérobie facultatif, oxydase positive, nitrate positif et indole positif. - Structure antigénique
- Vibrio cholerae possède un antigène de paroi de nature lipopolysaccharidique (endotoxine). Au sein de l'espèce Vibrio cholerae, on distingue trois sérotypes distincts dits INABA, OGAWA et HIKOJIMA, ce qui aide au typage épidémiologique des souches.
- L'antigène flagellaire H est commun à tous les vibrions (vibrions cholériques et vibrions non cholériques).
- Toxines et enzymes
- L'entérotoxine majeure, appelée choléragène (CT), n'existe que sous un seul type antigénique. Elle donne naissance à des anticorps dont le rôle protecteur n'est pas clairement établi. CT est active à des doses très faibles, < 1 μg sur l'anse ligaturée de lapin. CT est une holoprotéine de 84 kDa (unités A1 et A2 + 5 unités B). CT agit comme la toxine LT de E.coli.
- V.cholerae produit aussi une entérotoxine mineure.
- La ou les mucinases produites par V.cholerae semblent digérer le revêtement de mucus intestinal et assurer le contact de la bactérie avec les cellules de la muqueuse.
7.2.2.5 Diagnostic microbiologique
En zone d'endémie (Inde, Sud-Est Asiatique) ou au cours des épidémies, le diagnostic du choléra ne pose pas de problème (clinique). Toutefois les cas sporadiques ou mineurs sont facilement confondus avec les autres maladies diarrhéiques. La coproculture sur milieux sélectifs à pH 8,5 permet habituellement l'isolement de colonies suspectes qui sont identifiées par l'aspect microscopique des bacilles, l'oxydase positive et l'agglutination sur lame avec les sérums spécifiques. 7.2.2.6 Traitement
Traitement curatif La réhydratation et le remplacemnt des électrolytes constituent l’essentiel du traitement.Celui-ci est d'autant plus efficace qu'il est plus précoce. L'administration orale de cyclines raccourcit la période d'excrétion des vibrions et diminue la diarrhée. Traitement préventif La prophylaxie repose surtout sur l'hygiène générale : adduction d'eau potable, réseau d'égouts, etc
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