|
12.2 Mycobacterium bovis
Agent de la tuberculose bovine, M.bovis est aussi pathogène pour l'homme que M.tuberculosis. La contamination se fait par voie aérienne au contact des animaux malades ou par absorption de lait de vache contaminé. Agent rare en France, il est plus fréquent dans les pays où la surveillance du bétail est insuffisante (Maghreb...). M.bovis se distingue aisément de M.tuberculosis par ses caractères culturaux (colonies minuscules, blanches, à surface lisse, qui apparaissent en plus d'un mois à l'isolement) et ses caractères biochimiques (micro-aérophile, niacine négative, nitrate négatif). Le diagnostic et le traitement des infections à M.bovis sont similaires à ceux des infections à M.tuberculosis. La prévention contre l'infection par M.bovis repose sur la pasteurisation obligatoire du lait et l'abattage obligatoire des bovidés réagissant positivement à la tuberculine. 12.3 Mycobacterium africanum
En Afrique de l'Ouest et en Afrique Centrale, on trouve dans une proportion importante de cas (20 à 50 %) une variété de bacilles de la tuberculose dont les caractères culturaux et biochimiques sont intermédiaires entre ceux de M.tuberculosis et ceux de M.bovis. Cette variété d'intérêt épidémiologique a été dénommée M.africanum. 12.4 Mycobactéries atypiques
Il existe dans la nature de nombreuses mycobactéries autres que celles de la tuberculose humaine ou bovine et dont les caractères culturaux et biochimiques sont tout à fait particuliers. Ces mycobactéries ont été appelées mycobactéries atypiques. Certaines sont parasites des animaux (M.avium, M.marinum...), d'autres sont saprophytes (M.gordonae, M.chelonae, M.flavescens...). Elles sont habituellement isolées en tant que contaminant des cultures mais, à des degrés divers, toutes sont susceptibles de se multiplier chez l'homme et de provoquer des maladies simulant la tuberculose que l'on appelle mycobactérioses. Celles-ci apparaissent essentiellement chez les sujets présentant un déficit immunitaire local (lésions cavitaires pulmonaires résiduelles) ou général de nature thérapeutique (greffés) ou pathologique (cancer, SIDA). Leur diagnostic est purement bactériologique. M.avium est la mycobactérie atypique la plus souvent isolée chez les malades atteints de Sida chez lesquels elle est à l'origine d'infections généralisées septicémiques. L'hémoculture est alors le meilleur moyen de faire le diagnostic. Le traitement des mycobactérioses est très difficile en raison de l'habituelle résistance naturelle des mycobactéries atypiques aux antibiotiques antituberculeux. La clarithromycine, un nouveau macrolide proche de l'érythromycine, est cependant actif sur M.avium. 12.5 Mycobactérium leprae
Considérée souvent comme une maladie du Moyen-Age qui aurait maintenant disparu, la lèpre est une maladie d'actualité dans les pays en développement avec 600 000 à 800 000 nouveaux-cas chaque année. L'agent responsable de la lèpre, M.leprae, est une mycobactérie non cultivable sur les milieux de culture artificiels mais seulement in vivo dans le coussinet plantaire de la souris. Le diagnostic de la lèpre est clinique et le rôle du laboratoire est de mettre en évidence le bacille après l'examen microscopique des prélèvements cutanés, de la cultiver et de mesurer sa sensibilité aux antibiotiques chez la souris. Il n'y a pas de sérodiagnostic fiable de la lèpre. |