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Bactériologie

Table des matières

1 - Anatomie fonctionnelle des bactéries

2 - Génétique bactérienne

3 - Staphylocoques

4 - Les streptocoques, entérocoques et pneumocoques

5 - Les neisseria

6 - Les bacilles à gram positif non sporules

7 - Entérobactéries et autres bacilles à gram négatif non exigeants

8 - Les bacilles a gram positif sporules

9 - Les bacilles à gram négatif hémophiles ou exigeants

10 - La flore microbienne normale de l’organisme

11 - Les spirochetes

12 - Mycobactéries

13 - Les rickettsia et bactéries voisines

14 - Les chlamydia


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 10 - La flore microbienne normale de l’organisme

 

 

La flore bactérienne commensale

De nombreuses bactéries sont normalement présentes sur la peau et les muqueuses des sujets sains. Elles constituent les flores commensale résidentes. Celles-ci participent activement au maintien de la santé. Par exemple, la flore intestinale synthétise de la vitamine K, aide à l'absorption des aliments, prévient par son équilibre la prolifération de bactéries commensales potentiellement dangereuses (Clostridium difficile) et gêne la colonisation par des bactéries pathogènes.

Les bactéries commensales peuvent être réparties en 4 flores principales (cutanée, respiratoire, génitale et digestive).

  1. La flore cutanée est variable en qualité et en quantité (102 à 106/cm2) selon la topographie.
    • La flore résidente est formée de germes Gram + potentiellement peu pathogènes
      • Staphylocoques à coagulase négative
      • Corynébactéries
    • La flore transitoire est plus polymorphe et peut comporter des germes potentiellement pathogènes, provenant du tube digestif ou du rhinopharynx :
      • Entérobactéries
      • Staphylocoque doré.

    Les mains portent souvent une flore transitoire abondante (rôle dans la transmission croisée).
  2. La flore de l'arbre respiratoire supérieur est très variable et abondante au niveau du rhinopharynx (108/ml de sécrétion pharyngée). Elle contient de nombreux opportunistes majeurs :
    • Staphylocoque doré (orifices narinaires en particulier)
    • Streptocoques (groupables ou non, dont S.pneumoniae)
    • Haemophilus
    • Neisseria (éventuellement Neisseria meningitidis dont le portage est transitoire)
    • Branhamella catarrhalis
    • Anaérobies, corynébactéries, lactobacilles.

    Au niveau de la trachée, la flore est minime et activement combattue par le mucus, les cils, les macrophages, etc… L'arbre respiratoire inférieur est stérile.
  3. La flore génitale joue un rôle de protection, essentiel chez la femme. Les lactobacilles acidophiles ou bacilles de Döderlein, par leur sécrétion d'acide lactique entretiennent un pH bas qui limite la flore commensale. Cette flore commensale est réduite à :
    • Streptocoque (Streptocoque B essentiellement)
    • Corynébactéries
    • Bifidobacterium.

    Après la ménopause, les anaérobies et entérobactéries sont plus abondantes.
  4. La flore digestive est la plus abondante et la plus importante. Elle varie en fonction des différents étages du tube digestif. Au niveau de la bouche peuvent se trouver la plupart des germes présents dans le rhinopharynx avec comme particularité l'abondance des streptocoques surtout non groupables, la présence éventuelle d'entérobactéries et d'anaérobies. Les streptocoques jouent un rôle important dans la genèse de la plaque dentaire et ,s'ils essaiment, dans le développement des endocardites. On dénombre habituellement 108 à 109 germes par ml de salive.
    L'estomac possède une flore très pauvre du fait de son acidité. L'intestin grêle possède aussi une flore pauvre en raison du péristaltisme et de l'abondance des sécrétions. Les germes présents sont essentiellement des streptocoques, staphylocoques et lactobacilles.
    La flore colique est en revanche extrêmement variée et abondante. Elle comprend 1011-1012 bactéries/gr avec une nette prédominance des anaérobies stricts (99,9 %), surtout Bacteroïdes (≈1011 par gramme de selle), Bifidobactérium, Clostridium. Viennent ensuite les Entérobactéries (E.coli, 108/gr, Proteus, Klebsielle...), Entérocoques et Staphylocoques. Cette flore est habituellement stable et limite l'implantation d'espèces pathogènes telles que Salmonelle, Shigelle ou Campylobacter et le développement de bactéries commensales potentiellement dangereuses.

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