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Table des matières 1 - Anatomie fonctionnelle des bactéries 2 - Génétique
bactérienne 3 - Staphylocoques 4 - Les streptocoques,
entérocoques et pneumocoques 5 - Les neisseria 6 - Les bacilles à gram positif non sporules 7 - Entérobactéries
et autres bacilles à gram négatif non exigeants 8 - Les bacilles
a gram positif sporules 9 - Les
bacilles à gram négatif hémophiles ou exigeants 10 - La flore microbienne normale
de l'organisme 11 - Les spirochetes 12 - Mycobactéries 13 - Les rickettsia et bactéries
voisines 14 - Les chlamydia
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traduction HTML V2.3 V. Morice
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Chapitre 1 - Anatomie fonctionnelle des bactéries
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1.2 - L'anatomie des bactéries
1.2.5 La paroi bactérienne
Malgré
la forte pression osmotique (5 à 20 atmosphères) qui règne à
l'intérieur du cytoplasme bactérien, la bactérie n'éclate
pas grâce à l'existence d'une structure rigide, appelée paroi,
de nature polymérique. Les polymères et leur mode de liaison varient
selon les espèces bactériennes. Toutefois, une substance de base, spécifique
des bactéries, est partout présente : c'est la muréine,
appelée encore peptidoglycane. 1.2.5.1 Structure du peptidoglycane
Le peptidoglycane
est un polymère complexe formé de 3 éléments différents : - une
épine dorsale faite d'une alternance de molécules de N-acétylglucosamine
et d'acide N-acétylmuramique ;
- un ensemble de chaînes latérales
peptidiques identiques, composées de 4 acides aminés et attachées
à l'acide N-acétylmuramique ;
- un ensemble de « ponts
interpeptidiques » identiques.
L'épine dorsale est la même
pour toutes les espèces bactériennes tandis que les chaînes latérales
de tétrapeptides et les ponts interpeptidiques varient d'une espèce
à l'autre. La plupart des chaînes latérales comportent la L-alanine
en position 1 (attachée à l'acide N-acétylmuramique), le D-glutamate
en position 2, l'acide diamino-pimélique, la lysine ou un autre acide aminé
en position 3, et la D-alanine en position 4. La figure 1 donne une représentation
schématique du peptidoglycane chez Staphylococcus aureus. Il faut noter que
les ponts interpeptidiques, qui assurent la fermeture de ce véritable « filet »
qu'est le peptidoglycane, sont constitués chez Staphylococcus aureus d'une
chaîne de 5 molécules de glycine entre la D-alanine terminale et la
L-lysine en position 3. 1.2.5.2 Différences entre bactéries à Gram positif
et à Gram négatif
- Chez les bactéries à Gram positif,
- il
y a de nombreuses couches de peptidoglycane qui représentent jusqu'à
90 % des constituants de la paroi bactérienne. Celle-ci contient aussi
un feutrage (10 à 50 % du poids sec de la paroi) d'acides teichoïques
(polymères du glycérol ou du ribitol phosphate) associés étroitement
au peptidoglycane et faisant parfois saillie à la surface de la bactérie.
Certains, les acides lipoteichoïques, sont placés transversalement. et
s'enfoncent jusqu'à la membrane cytoplasmique. En général il
n'y a pas ou peu de protéines dans la paroi des bactéries à
Gram positif. Parmi les exceptions, notons la protéine A de Staphylococcus
aureus (cf chapitre « Staphylocoques »).
- Chez les bactéries à Gram négatif,
- il n'y
a qu'une seule ou au plus deux couches de peptidoglycane qui ne représente
que 5 à 20 % des constituants de la paroi bactérienne. Mais 3
polymères situés en dehors du peptidoglycane viennent compléter
la paroi : des lipoprotéines, une « membrane externe »
qui contient du lipopolysaccharide.
Les lipoprotéines sont le lien entre le
peptidoglycane et la « membrane externe » : le composant
protéine est un polymère de 15 acides aminés qui forme une liaison
peptidique avec le tétrapeptide des chaînes latérales du peptidoglycane ;
le composant lipide est relié à la « membrane externe ». La
« membrane externe » est constituée d'une double couche
de phospholipides dans laquelle tout ou partie des phospholipides de la couche la
plus externe sont remplacés par des molécules de lipopolysaccharide.
Au sein de cette « membrane externe », qui est une mosaïque
fluide, se trouvent associés au moins deux types de protéines spécifiques :
certaines sont dites protéines de structure car elles consolident la membrane
externe (exemple : OMP-A) ; d'autres, appelées « porines »
permettent le passage des petites molécules hydrophiles et en particulier,
sur le plan médical, des antibiotiques (ß-lactamines, tétracyclines,
quinolones...). Sur le plan immunologique, le lipopolysaccharide constitue l'antigène
O des bactéries à Gram négatif. Le LPS est un lipide complexe
auquel est attaché un polysaccharide qui est responsable de la spécificité
antigénique de l'antigène O. Sur le plan physiopathologique, le LPS,
extrêmement toxique, représente l'endotoxine des bactéries à
Gram négatif.
| Tableau 2 Schéma de la paroi d'une bactérie à gram
négatif |
Protéines de la membrane externe (Outer Membrane Protein = OMP) :
- de
structure ; ex. : OMP-A
- porines, ex : OMP-C, OMP-F
Lipoprotéines
(LP) qui permettent la cohésion du PG et des phospholipides (PL) Protéines
de la membrane cytoplasmique ou interne :
- de structure (PS)
- enzymes membranaires
dont celles qui sont impliquées dans la synthèse du peptidoglycane
(PG) et cibles des betalactamines, appelées protéines liant la pénicilline
(PLP)
- LPS : lipopolysaccharide (ou antigène 0) qui remplace en tout ou
partie les phospholipides de la couche externe de la membrane externe.
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1.2.5.3 Rôle
de la paroi
- La paroi confère à la bactérie sa morphologie véritable.
Elle constitue le squelette externe de la bactérie et représente 25
à 35 % du poids total de la bactérie.
- La paroi contient la pression
osmotique interne. Sans paroi, les bactéries prennent une forme sphérique
appelée protoplaste s'il s'agit d'une bactérie à Gram positif,
ou sphéroplaste s'il s'agit d'une bactérie à Gram négatif.
Les bactéries peuvent survivre sans paroi et même se multiplier (on
les appelle alors formes L) à condition d'être placées dans un
milieu dont la pression osmotique est équilibrée avec la pression osmotique
qui règne à l'intérieur de la bactérie.
- Elle joue un rôle
déterminant dans la coloration de Gram. Chez les bactéries à
Gram positif, la paroi bloque l'extraction du violet de gentiane et de l'iodure par
l'alcool alors qu'elle ne bloque pas cette extraction chez les bactéries à
Gram négatif.
- Elle joue un rôle déterminant dans la spécificité
antigénique des bactéries.
- Elle est le support de l'action de certains
enzymes exogènes (lysozyme) ou endogènes (autolysines) et de certains
antibiotiques, notamment les bêtalactamines (pénicillines) qui inhibent
la synthèse du peptidoglycane (voir tableau 1).
- Le lipopolysaccharide (LPS)
et le peptidoglycane sont capables d'activer le complément par la voie alterne
ce qui libère, entre autre, les fractions C3a et C5a (effet chimiotactique)
et C3b (effet opsonisant par les récepteurs des phagocytes pour le C3b) qui
jouent un rôle important dans la défense non spécifique contre
l'infection.
1.2.6 Structures inconstantes
1.2.6.1 La capsule
La capsule est un enduit excrêté
par certaines bactéries. Elle est habituellement de nature polysaccharidique,
quoique dans le cas de Bacillus anthracis (le bacille du charbon) elle consiste en
un polypeptide de l'acide D-glutamique. Chez les espèces bactériennes
capsulées, des mutations peuvent affecter la production de capsule :
les bactéries sauvages capsulées donnent des colonies lisses (S pour
« smooth ») ou muqueuses, tandis que les bactéries mutantes
non capsulées donnent des colonies rugueuses (R pour « rough »).
Des variations transitoires peuvent également l'affecter puisque la production
de capsule est souvent fonction de la présence de fortes concentrations de
sucres ou de sérum (variation phénotypique). La capsule joue un rôle
important dans le pouvoir pathogène de certaines espèces bactériennes
(Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae, Klebsiella, E.coli K1) par son
rôle protecteur contre la phagocytose. 1.2.6.2 Cils ou flagelles
Les cils, ou flagelles,
sont des structures inconstantes chez les bactéries. Ce sont des appendices
filamenteux, composés entièrement de protéines, de 6 à
15 µm de long sur 12 à 30 nanomètres d'épaisseur. Les protéines
flagellaires sont appelées flagellines. Antigéniques (elles provoquent
la formation d'anticorps que l'on peut mettre en évidence dans certains sérodiagnostics,
ex. fièvre typhoïde), elles sont différentes d'une espèce
bactérienne à une autre. Les flagelles sont attachés dans le
cytoplasme bactérien par une structure complexe. Ils constituent les organes
de locomotion pour les bactéries qui en possèdent. Selon la disposition
des flagelles, on distingue les bactéries monotriches (un seul flagelle polaire),
lophotriches (une touffe de flagelles polaires) ou péritriches (flagelles
répartis sur toute la surface de la bactérie). 1.2.6.3 Les pili ou fimbriae
De
nombreuses bactéries à Gram négatif (exceptionnellement des
bactéries à Gram positif) possèdent des appendices de surface
plus courts et plus fins que les flagelles et que l'on appelle pili (de pilus = poil),
ou fimbriae (frange). On en distingue deux catégories : - Les pili communs
- Les
pili communs, sont des structures protéiques filamenteuses, de 2 à
3 µm de long, disposés régulièrement à la surface
de la bactérie. Ils sont constitués par la polymérisation d'une
même sous-unité polypeptidique, la piline, assemblée à
des polypeptides mineurs dont l'adhésine. L'adhésine peut avoir des
interactions avec un récepteur cellulaire hydrocarboné (glycolipides
ou glycoprotéines) présent à la surface d'une cellule eucaryote.
En tant que support d'une adhésine, les pili permettent la fixation de certaines
bactéries sur les muqueuses, ce qui conditionne leur pouvoir pathogène
(ex. fixation de Escherichia coli sur la muqueuse vésicale, du gonocoque sur
la muqueuse de l'urètre, du vibrion du choléra sur les entérocytes...).
Les structures génétiques codant pour les complexes pili-adhésine
sont des opérons en situation plasmidique ou chromosomique.
- Les pili sexuels,
- plus
longs mais en nombre plus restreint (1 à 4) que les pilis communs sont codés
par des plasmides (facteur F). Ils jouent un rôle essentiel dans l'attachement
des bactéries entre elles au cours de la conjugaison. Ces pilis sexuels servent
également de récepteurs de bactériophages spécifiques.
Chez
certaines bactéries à Gram positif, des protéines de surface
dépassent largement de la paroi et jouent un rôle dans l'adhérence
bactérienne, comme les fimbriae, auxquels on pourrait les assimiler. Il s'agit
de la protéine A de Staphylococcus aureus et de la protéine M de Streptococcus
pyogenes.
1.2.6.4 Les spores
Les bactéries appartenant à certains genres, notamment
le genre Bacillus et le genre Clostridium, sont capables de former des endospores.
Les bactéries sporulées subissent un cycle de différentiation
en réponse aux conditions d'environnement : en l'absence d'aliments,
une spore se forme à l'intérieur de chaque bactérie et est libérée
lorsque la bactérie s'autolyse. La spore est une cellule bactérienne
au repos, hautement résistante à la dessication, à la chaleur
et aux agents chimiques. Replacée dans des conditions nutritionnelles favorables,
la spore germe et redonne une bactérie identique à celle qui lui a
donné naissance. La spore est donc une forme de résistance aux conditions
défavorables de vie, avec conservation de toutes les aptitudes génétiquement
déterminées. 1.2.6.5 Le glycocalyx
Le glycocalyx est un feutrage de fibres polysaccharidiques
(exopolymère) présent à la surface des bactéries dans
leur milieu naturel. Chez certaines espèces bactériennes des quantités
importantes de glycocalyx sont synthétisées (cas de Pseudomonas aeruginosa
ou de Streptococcus mutans) et engluent les cellules bactériennes. Le glycocalyx
est alors appelé « slime ». La production de glycocalyx
favorise l'adhésion de la bactérie, par exemple aux matériaux
étrangers (prothèse...). Celui qui est produit par Streptococcus mutans
est responsable de la formation de la plaque dentaire, indirectement responsable
des caries.
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