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Anatomie pathologique2 - Anatomie pathologique du système circulatoire
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4.1 Troubles du renouvellement cellulaire et tissulaire
4.1.1 Notion d'homéostasieLes tissus adultes sont le résultat de la multiplication, de la résorbtion (par apoptose), et de la spécification des cellules primitives lors du développement. Ainsi sont déterminés des tissus adultes différents ayant des fonctions particulières. Un tissu adulte comporte des cellules différenciées (fonctionnelles) et des cellules indifférenciées (cellules de réserve). Les cellules différenciées ont une durée de vie limitée et doivent donc être remplacées. Il s'agit du renouvellement tissulaire. Schématiquement : Certaines cellules indifférenciées sont engagées dans la différenciation au fur et à mesure des besoins en cellules différenciées, Les cellules indifférenciées se divisent par mitose de façon à assurer une réserve suffisante de cellules souches. Au cours de la cicatrisation, si l'évolution est favorable, le tissu se reconstitue par un processus très voisin. De cette manière, les tissus se renouvellent et se reconstituent tout en s'adaptant aux besoins = homéostasie tissulaire (homéo = semblable). 4.1.2 Troubles du renouvellement tissulaireLe renouvellement par mitose des cellules de réserve est insuffisant ou excessif avec pour conséquences des anomalies de nombre des cellules du tissu : Aplasie : absence de cellules. Exemple : aplasie hématopoiétique (chimiothérapie) Hypoplasie : diminution du nombre de cellules. Exemple : hypoplasie des villosités intestinales (malnutrition) Hyperplasie : augmentation du nombre de cellules. Exemple : hyperplasie d'un épithélium malpighien (stimulation d'origine inflammatoire au voisinage d'une fistule). Les anomalies du nombre de cellules peuvent s'associer à d'autres anomalies : Modifications de la taille des cellules : atrophie ou hypertrophie Perturbations de la différenciation : métaplasie, dédifférenciation. Les causes des troubles du renouvellement tissulaire sont extérieures aux cellules de réserve du tissu : origine hormonale, inflammatoire, nutritionnelle destruction par un agent physique ou chimique. Les troubles du renouvellement tissulaire sont réversibles si la cause extérieure est supprimée et si les cellules souches du tissu ne sont pas toutes définitivement lésées. 4.1.3 DysplasieLa dysplasie (voir section 4.5, « Histoire naturelle des cancers ») dans un tissu adulte est un trouble complexe du renouvellement tissulaire qui traduit une phase débutante du processus cancéreux. Il s'agit d'un ensemble lésionnel associant des degrés divers d'hyperplasie, de troubles de la différenciation, et des atypies cytonucléaires (voir section 4.3, « La cellule cancéreuse et le stroma tumoral »). La dysplasie survenant au cours du développement est une anomalie dysembryoplasique de signification complètement différente. 4.2 Tumeur et processus tumoral4.2.1 DéfinitionTumeur : tissu néoformé résultant du processus tumoral (synonymes : néoplasme, néoplasie). 4.2.2 EtymologieLe terme de tumeur provient de « tumor », qui en latin signifie gonflement. Il s'agissait d'une désignation macroscopique, qui est obsolète. La définition actuelle d'une tumeur est du domaine de la microscopie = le caractère tumoral du tissu n'est identifiable qu'au microscope. Une tuméfaction, un polype sont des termes de macroscopie et peuvent être d'origine tumorale ou non (inflammatoire, dysembryoplasique, vasculaire).
Un kyste est une cavité néoformée bordée par un épithélium. Une tumeur peut être kystique. Un kyste peut être d'origine tumorale ou non (cause mécanique, inflammatoire, dysembryoplasique).
4.2.3 Le processus tumoral
4.2.4 Composition d'une tumeurLe tissu tumoral est composé
Les cellules du stroma n'ont pas les lésions génétiques des cellules tumorales. 4.2.5 Types histologiques des tumeursL'ensemble des composants de chaque tumeur (cellules tumorales et stroma) est responsable d'aspects particuliers qui peuvent être regroupés par types histologiques. Les tumeurs d'un même type présentent des critères histologiques communs, définis dans des manuels d'histopathologie (notamment de l'Organisation Mondiale de la Santé). La reconnaissance de ces critères et le classement de la tumeur dans le type correspondant est à la base du diagnostic anatomopathologique de toute tumeur. Certains types de tumeurs ont une évolutivité particulière, une extension préférentielle, une sensibilité aux traitements plus ou moins importante : le traitement peut être très différent suivant le type histologique de la tumeur. Certains types de tumeurs doivent être identifiés pour des raisons d'enquête génétique ou sont considérés comme maladies professionnelles. Néanmoins, dans certains organes un type de tumeur est très prépondérant. Les adénocarcinomes représentent 95 % des tumeurs malignes du sein. Par habitude, le terme de cancer du sein est souvent utilisé en pratique pour désigner les adénocarcinomes de la glande mammaire. Mais d'autres tumeurs malignes du sein plus rares existent (angiosarcomes, tumeurs phyllodes ). Dans d'autres organes, comme la peau, des types histologiques différents sont fréquemment observés (mélanomes, carcinomes épidermoïdes). Le terme de cancer de la peau doit être proscrit. 4.2.6 Bénignité et malignité
Deux grandes catégories de tumeurs sont connues :
La différence fondamentale entre ces deux types de tumeurs est que les tumeurs malignes ont la capacité de donner des foyers tumoraux secondaires situés à distance du foyer tumoral initial (primitif). Ces foyers tumoraux secondaires sont appelés métastases. La survenue de métastases ne s'observe que dans des tumeurs malignes. De plus, les tumeurs malignes manifestent souvent une plus grande agressivité locale (envahissement, destruction, récidive après exérèse) vis à vis des tissus de voisinage que les tumeurs bénignes. Exceptions :
Une tumeur bénigne peut, malgré sa bénignité, menacer la vie du patient (tumeur volumineuse ou mal placée, saignement tumoral). Une tumeur maligne menace toujours la vie du patient, mais certaines tumeurs malignes sont peu agressives. Certains tumeurs bénignes peuvent secondairement donner lieu à un cancer. On appelle ces tumeurs bénignes des tumeurs à malignité potentielle. Un exemple très fréquent est celui des adénomes coliques (bénins) qui peuvent se transformer en adénocarcinomes (malins).
4.2.7 Différenciation tumoraleLe tissu tumoral tend à reproduire l'aspect d'un tissu normal :
Exemple : l'épithélium bronchique est bordé d'un épithélium cylindrique (glandulaire) ; les cancers bronchiques peuvent être des tumeurs à différentiation glandulaire, ou des tumeurs métaplasiques à différenciation malpighienne (ressemblant à un épithélium malphigien). La tendance d'une tumeur à ressembler à un tissu normal adulte ou embryonnaire est appelée différenciation tumorale. La différenciation d'une tumeur un des éléments très importants pour classer les tumeurs dans les catégories définies appelées types histologiques des tumeurs (voir plus haut). La différenciation peut être :
En général, les tumeurs bénignes sont bien différenciées, alors que les tumeurs malignes peuvent être bien ou peu différenciées. Souvent la différentiation tumorale des tumeurs malignes se réduit à la présence de quelques caractères microscopiques. De ce fait, il est parfois difficile d'établir la différenciation d'une tumeur maligne et, donc, son origine présumée. A noter la possibilité de :
4.2.8 Nomenclature
Chaque type histologique de tumeur est désigné par :
Des exceptions importantes sont à connaître :
1. Présente au niveau de certains carcinomes
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