
Depuis l'époque romaine jusqu'au Moyen-Age, sur
l'emplacement actuel de l'hôpital s'étendaient des terres de cultures
("Bas-Bréants") entourées de nombreux marais jusqu'aux rives de la seine.

De pauvres paysans du bourg de Saint Marcel tout proche, venaient en
ce lieu pour cultiver des légumes et de la vigne.
Au XIIIème siècle, d'immenses roues de carriers se dressent dans le
paysage. Avec ces cages d'écureuils, des hommes remontent d'énormes
blocs de pierre du sous-sol durant plusieurs siècles.
Au XVIIème siècle, en 1612, Marie de Médicis crée, sur l'emplacement
d'un ancien jeu de paume, l'hospice "Notre
Dame
de la Pitié" (emplacement de la Mosquée de Paris).
Le 6 juin 1636 les terrains des Bas-Bréants sont achetés par
le commissaire général des poudres de Louis XIII pour y implanter le
"Petit Arsenal" ou "Salpêtrière. On y fabrique le salpêtre pour la poudre
à canon.
Le "Petit Arsenal" après 15 ans de service va être fermé. Louis XIV
offre alors les terrains à la duchesse d'Aiguillon qui y installera
un hospice avec l'aide de Vincent de Paul pour y distribuer de la nourriture
et héberger les mendiants.
Le 27 avril 1656, le jeune Louis XIV signe un édit royal mettant
en place une institution, appelée "l'Hôpital Général pour le Renfermement
des Pauvres de Paris". 
Cette institution est chargée d'interner de gré ou de force les mendiants,
pauvres, marginaux divers et les vagabonds perturbant l'ordre et la
vie de Paris. Cet Hôpital Général devait disposer de plusieurs maisons
dont la Pitié pour les enfants, Bicêtre pour les hommes et un établissement
à construire la Salpêtrière pour les femmes et les fillettes. La construction
de la Salpêtrière sera confiée à de prestigieux architectes LE VAYU,
DUVAL, LE MUET, Libéral BRUANT.
En 1684, Louis XIV ajouta à l'hospice, une prison, la "maison de force",
pour les femmes prostituées, débauchées et condamnées, à laquelle on
adjoignit un bâtiment pour les femmes et les filles détenues à la demande
de leurs maris ou de leurs parents.
La Salpêtrière comporta donc : un hospice et une prison pour les
femmes.
Les fillettes abandonnées à la naissance étaient receuillies,
élevées, éduquées, placées pour un travail et mariées par l'institution
après enquête sur le conjoint ("les noces des orphelines"). Colbert
trouva bon de peupler nos nouvelles colonies d'Amérique avec quelques-uns
de ces jeunes orphelins et orphelines en les mariant "à la chaîne" (60
couples dans une matinée) lors de grandes cérémonies à l'église
Saint-Louis de la Salpêtrière. Cette pratique s'est poursuiviie sous
la Régence.

Pendant
le XVIIème et XVIIIème siècle, la Salpêtrière
sera tout à la fois crèche, asile, hospice, prison, maison de redressement,
un peu infirmerie, mais pas du tout hôpital au sens moderne du terme.
Jusqu'à la révolution, sa mission sera plus axée
à sauver les âmes qu'à soigner les corps.
Avec le XVIIIème siècle, une grande
liberté des mœurs oblige la société à réagir. La police va être une
grande pourvoyeuse de nos hôpitaux : se moquer du roi, de la religion,
contrevenir à l'ordre public, désobéir à l'autorité paternelle, manquer
à l'honneur familial, se débarrasser de sa fille ou de sa femme, être
protestante, hérétique, révoltée ou troubler l'ordre public sont très
souvent des fautes méritant l'incarcération des femmes à la Salpêtrière.
C'est de plus en plus un bagne pour les femmes avec des
travaux forcés et de sévères châtiments.
Pourtant dans le même temps apparaît une timide humanisation avec l'arrivée
de Tenon à la Salpêtrière en 1748. Il va y améliorer l'hospitalisation
de ses malades.
Quant aux folles, elles arrivent à la Salpêtrière pour y achever, souvent
enchaînées, le reste de leur vie.
Après
les travaux de Louis XV entre 1756 et 1770, la Salpêtrière tend à prendre
son allure actuelle.
Louis XVI décide d'agrandir les limites de Paris. La capitale va désormais
englober la Salpêtrière. Une enceinte contruite par la puissante Compagnie
des Fermiers Généraux encerclera Paris.
En 1783, l'Hôpital général se dote d'une infirmerie générale
pour répondre à la demande de soins.
On commence à soigner les corps. 
A la Révolution, après la démission en bloc du bureau directeur
de l'hôpital général le 19 août 1789, l'Assemblée
Constituante va demander à la municipalité de gerer l'hôpital.
La Salpêtrière, étant un lieu important "d'enferment" des
femmes, va devenir un lieu de débauche.
Les portes de l'hôpital vont restér généreusement ouvertes
jusqu'en 1794, pour assouvir le défoulement sexuel des "sans-culottes"
de la capitale. Sur ce fond de violence sexuelle et de mauvaises mœurs,
le 4 septembre 1792, des égorgeurs en provenance de Bicêtre assassinèrent
35 femmes dans la cour du bâtiment de la Force. A la fin de 1792, après
les Massacres de Septembre, la vie de la Salpêtrière reprend tout doucement.
Le 7 novembre 1793, on saisit l'argenterie, les reliquaires, les vases
sacrés et 3 cloches de l'église.
Le 15 novembre, on ferme l'église pour la transformée en grenier et
en écuries.
Enfin, en 1794, de Philippe Pinel, va dans un geste humanitaire libérer
des aliénés de leurs chaînes. On commence à soigner les folles, jusque
là réputées incurables et enchaînées dans des cellules immondes. Et
pour tous, la nourriture et le logement s'améliorent un peu.

Au XIXème siècle, une partie de l'hospice de la Pitié, au
sud du Jardin des Plantes, est récupéré par le
ministère de l'Intérieur pour y installer une prison ("Ste Pélagie").
La Salpêtrière va enfin accéder au rang d'hôpital : toutes les
catégories d'asociales enfermées à la Salpêtrière seront réparties
entre les autres établissements de la capitale.
L'hôpital se spécialise en ne conservant que les folles et les vieillardes;
l'établissement se médicalise.
Le 17 janvier 1801, l'"Hôpital général" est devenu "Les Hospices
Civils".
Entre 1807 et 1818, la situation des folles s'améliore. Elles
sont, enfin, détachées de leurs chaînes, les moins atteintes sont séparées
des incurables. Mais la distraction favorite, le dimanche en famille,
de la population de l'époque reste la vistite des folles derrière
leurs grilles. Le spétacle est payant !
Le 10 février 1802 a vu naître le "Règlement pour le service de santé
des hôpitaux parisiens", avec la création de l'Internat de Paris
sur concours.
Les guerres de l'Empire vont remplir les hôpitaux et en 1814, lors de
la capitulation de Paris, la Pitié va devoir accueillir des soldats
étrangers.
A la Salpêtrière, ce sont des soldats français qu'on reçoit. Il faudra
transformer la chapelle en infirmerie.
Louis XVIII avec l'Ordonnance du 31 octobre 1821 fixe le recrutement
des médecins hospitaliers.
La Révolution de 1848 abolit les Hospices et crée l'Assistance Publique
(1849) qui existe toujours. La Salpêtrière se consacre exclusivement
aux vieilles femmes et aux folles.
C'est dorénavant un hospice et un asile d'aliénées ou de nombreux
grands hommes vont se succéder comme Philippe PINEL, Jean ESQUIROL,
CHARCOT, Paul SEGOND…
En 1870, la Salpêtrière est tranformée en hôpital militaire.

Le XXème siècle verra l'abandon de l'asile d'aliénées en 1921 et
celui de l'Hospice en 1968.
La Sa
lpêtrière
devient un hôpital à part entière avec toutes les disciplines.
Elle va retrouver la Pitié, à qui elle était liée à ses origines au
XVIIè siècle. En effet, au début du XXème siècle, la Pitié fut reconstruite
là où elle se trouve actuellement. Cette nouvelle Pitié fusionne en
1964 avec la Salpêtrière. Les deux hôpitaux ne font plus qu'un et deviennent
le Groupe Hospitalier PITIE-SALPETRIERE avec, en 1966, la création d'une
Faculté de Médecine.
Une grande période d'investissements immobiliers pour devenir le groupe
hospitalier le plus grand d'europe. (Superficie 33ha avec environ 7800
personnes travaillant sur le site - Médecins et Non-médecins
confondus)

La Radiothérapie, actuellement se trouve dans le pavillon
Antonin Gosset.
C'est en 1935 que l'architecte Henri Prudhomme construit une clinique
chirurgicale en remplacement des baraquements en bois d'une clinique
chirurgicale et d'un centre anticancéreux (la division Frédéric
Honoré).
Dans ces baraquements étaient aussi installés un service
d'Electro-Radiothérapie et un laboratoire de radiographie.