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Le Déroulement de la Formation

Aucun des groupes ne fut semblable dans son mode d’expression mais certains éléments revenaient avec insistance, notamment dans le recensement d’un certain nombre d’obstacles organisationnels et fonctionnels à la prise en charge correcte des Douleurs.
Le manque de temps, l’absence de référent médical au moment souhaité, la déperdition de l’information sur l’état des patients, la banalisation des symptômes, la diversité des plaintes et des comportements des patients. La Douleur du patient existait réellement mais celle des soignants tout autant.
De nombreux cas cliniques, douloureux pour certains, furent évoqués dans chacun des
groupes.
 
Alors que l’on sait que la plupart des patients cancéreux auront à souffrir à un moment quelconque de leur parcours de malade, la difficulté à prévoir et à prévenir les Douleurs est apparue flagrante.
Ces dysfonctionnements (dont certains sont institutionnels comme l’éloignement des différents secteurs de soin, le nombre insuffisant de carnet à souches) nous apparaissent révéler le manque d’entraînement à l’évaluation de La Douleur malgré l’investissement important des soignants pour trouver des réponses adaptées et stables sur les différents sites du service.
Aussi, les deux tiers de la formation ont été consacrée au repérage et à l’évaluation de La Douleur, de ses différentes composantes, des différents types de Douleur.
 
L’approche pluridisciplinaire des réponses à apporter à La Douleur d’un patient illustre bien le fait que La Douleur en cancérologie, comme dans d’autres pathologies, est plurifactorielle.
La Douleur qui allie sensation et émotion par définition est une donnée subjective "inmesurable" précisément et pourtant, il faut la mesurer précisément pour pouvoir la soulager. De plus les seules données que nous ayons pour faire cette évaluation émanent de ce que nous dit ou tente de nous dire le malade, parfois en "usant" (bien malgré lui) de détours qui souvent nous jouent des tours.
En effets, si le discours des différents groupes a fort bien montré que chaque soignant était conscient de la réalité d’une Douleur exprimée de diverses manières par le malade : mots, plaintes, grimaces, cris, nous avons mis l’accent sur le fait que son expression puisse être plus " subtile" et nous faire faire fausse route : l’agressivité, l’agitation voire la confusion mentale tout comme le refus, l’opposition aux soignant sont autant d’attitudes à prendre en comptes. Attendre ou susciter la plainte ne suffit d’ailleurs pas car les grandes Douleurs persistantes peuvent provoquer chez les patients un mutisme total, voire une véritable
sidération qui peut être associée à une profonde dépression.
Une fois le repérage de La Douleur effectué, il a été rappelé que les différentes composantes de La Douleur devaient être "restituées" dans leur contexte psychologique et culturel en tenant compte de l’histoire de La Douleur et de la maladie cancéreuse. Le vécu psychologique, voire les troubles psychopatologiques induits par le cancer, entrent en résonance avec la personnalité du patient, son histoire et son environnement. Ainsi, la banalisation de la plainte incessante ou du silence du patient gravement atteint ont pu être
replacés dans ce contexte psychosocial. Avoir mal partout, tout le temps, ou au changement d’équipe, au départ de la famille, lors d’un examen crucial sont autant de situations difficiles que l’on apprend à décrypter dans l’abord global du patient.
 
Il était important après ce repérage dans chacun des groupes de s’appuyer sur les dysfonctionnements mis en évidence pour apporter des outils d’évaluations standardisés et valides de La Douleur.
1) quantitatifs (échelles visuelles analogues, verbales, numériques) qui permettent à un
patient donné de repérer dans son histoire la pire des Douleurs que son corps lui a déjà fait subir ;
2) qualitatifs (questionnaire de Saint-Antoine, adaptation française du questionnaire de Mc Gill) qui permet au malade d’exprimer, notamment, la qualité sensorielle de ce qu’il ressent au moyen d’adjectifs qui lui sont présentés.
 
Ce questionnaire est très utile pour repérer certaines caractéristiques des Douleurs neuropathiques.
Dans la dernière partie de la formation nous avons abordé la classification des Douleurs en fonction de leur physiologie afin de bien différencier les Douleurs nociceptives et neuropathiques puisque leurs sanctions thérapeutiques sont différentes.
Les Douleurs nociceptives (Douleurs aiguës, inflammatoires, tumorales) sont sensibles aux antalgiques (dont les morphiniques) alors que, classiquement, les Douleurs neuropatiques (liées à une lésion du système nerveux central ou périphérique : infiltration tumorale, radiothérapie ; chirurgie, méningite, carcinomateuse, compression médullaire, certaines chimiothérapies, (alcaloïdes de la pervenche, cysplatine...) ne le sont pas mais peuvent être soulagées par certains antiépileptiques et antidépresseurs.
Les traitements médicamenteux ont été revus afin de mieux comprendre leur choix, leurs effets secondaires, éviter l’inconfort des prescriptions multiples.
Enfin il apparaissait indispensable pour que cette formation aboutisse réellement à une amélioration de la prise en charge des patients douloureux que l’équipe construise son propre outil qui permette à tout soignant de recueillir et transmettre les informations concernant La Douleur des patients.
Cette étape est réalisée mais il reste à faire passer son utilisation dans la "routine" quotidienne.
 
Bien que conçues au mois de juin les feuilles d’évaluation ont dormi dans les tiroirs jusqu’au mois de septembre période à laquelle les intervenants ont proposé une réunion pour faire le point sur cette formation.
 
Interrogation collective sur la non mise en route des évaluations :
Période de vacances ?
Mauvaise communication ?
Peur du soin abstrait ?
Résistance au changement ?

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L'intervention de la Diététicienne Le vécu en Soins Infirmiers
Le Déroulement de la Formation La répercussion de la Formation
La Conclusion Les Nouveautés

 

Réalisation : Christian BARRET