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TECHNIQUES

Le vécu en Soins Infirmiers

1 - L’INFIRMIERE
La Douleur est définie comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, longtemps considérée comme une fatalité, elle fait aujourd’hui l’objet d’une véritable prise en considération.
Je travaille dans ce service depuis 10 ans, j’ai donc pu voir l’évolution de la prise en charge de La Douleur ; malgré cela, certains malades restent encore douloureux.
Comme il a été dit dans la présentation du service, nous accueillons des patients dont l’état de santé est très altéré ; de ce fait, les infirmières vivent la Douleur au quotidien, car elles sont en contact direct avec les malades.
Le personnel est motivé pour trouver le moyen d’assurer une meilleure prise en charge de La Douleur.
  Cas concret :
Monsieur G.... arrive dans le service (traitement de tumeur cérébrale avec compression médullaire) avec sa soeur, il pleure, crie et nous agresse.
Il s’accroche à sa soeur qui est désespérée.
Nous accueillons ce patient, il est très énervé et refuse de se calmer. Après l’avoir installé confortablement dans son lit, nous l’écoutons pendant un long moment, puis nous évaluons sa DOULEUR EVA à 2 (échelle visuelle analogique).
Surprise ! , beaucoup plus calme Monsieur G nous dit "si je ne râle pas et ne crie pas, personne ne prendra en compte ma DOULEUR "
Ce patient a été hospitalisé dans différents services, la seule réponse qu’il ait eu est : "vous ne devez pas avoir mal "
Vu sa pathologie, monsieur G ne pouvait qu’avoir mal. Une fois bien calmé, il fut très agréable.
Le patient a besoin d’être écouté et entendu, de savoir que lorsqu’il réclamera un antalgique ou une présence, nous serons là.
 
Le personnel choisit de travailler dans ce service pour le côté relationnel et privilégié qu’il a avec le patient, les malades ont beaucoup à dire, certains se confient à nous car c’est très difficile de le faire avec leur entourage.
Certains veulent paraître forts, ne pas se plaindre, vivre normalement, mais malheureusement c’est au-dessus de leurs forces, ce qui augmente leur DOULEUR physique. Nos collègues de nuit constatent que La Douleur est majorée, souvent les malades attendent avant de réclamer un antalgique (pour ne pas déranger).
Nous devons prendre le temps de nous asseoir pour les écouter, très souvent nous constatons alors que La Douleur est beaucoup moins importante.
 
Les patients se confient beaucoup plus à l’infirmière et à l’aide-soignante qu’au médecin qui passe et qui n’a pas toujours le temps de les écouter.
Ils ont peur d’ennuyer le médecin avec ces "petits maux " comme ils disent.
Tout geste agressif devrait être précédé d’un antalgique, exemple: soin d’escarre, mobilisation, curie sein, séance de radiothérapie...
En tant que soignant, nous ne devons pas oublier les effets secondaires des antalgiques (nausées, constipation, somnolence) qui sont souvent des désagréments pour le patient.
La transmission des informations est primordiale dans notre démarche, elle permet à l’ensemble des soignants de suivre l’évolution de la prise en charge de La Douleur pendant toute l’hospitalisation du patient.
Nous devons améliorer la qualité de la relation malade-personnel, croire en sa plainte et ne pas le suspecter de majorer ou d’inventer sa DOULEUR.
Nous sommes tenues en tant qu’infirmière de prévenir, d’évaluer la souffrance et la détresse des personnes et de participer à leur soulagement (décret n° 93-345 du 15 mars 1993).
 
2 - L’AIDE-SOIGNANTE
Tous les patients ne réagissent pas de la même manière face à La Douleur.
Certains considèrent qu’il est normal de souffrir quand on est atteint d’un cancer, soit parce que cela est ancré dans les moeurs, soit pour se prouver qu’ils sont encore vivants.
D’autres n’osent pas dire qu’ils souffrent pour ne pas déranger.
Certains demandent qu’on les débarrasse définitivement de leur DOULEUR, alors que d’autres ne souhaitent qu’un soulagement.
C’est généralement au moment du nursing que le patient exprime sa DOULEUR.
S’il ne peut la verbaliser des attitudes de prostration ou d’agitation, un faciès expressif (grimaces, crispations, larmes), nous permettent de constater La Douleur.
Certains malades considèrent qu’il est normal de souffrir quand on a un cancer, d’autres n’osent pas dire qu’ils ont mal pour ne pas déranger
Lors de la mobilisation, La Douleur se manifeste par des gémissements ou des cris, dans ce cas j’essaie de l’évaluer, je lui demande de la décrire, de préciser sa localisation et le moment ou elle survient. Je transmets ces informations à l’infirmière et au médecin qui décide alors d’une thérapeutique adaptée, mais ce message n’est pas toujours entendu.
Le rôle de l’aide-soignante est d’apporter des soins de confort et de bien être au patient douloureux : prévention d’escarre, soins de bouche, changements de positions, écoute et réconfort.
 
3 - LE CADRE
Il est le lien entre les familles et le personnel.
Il reçoit les plaintes des familles concernant La Douleur de leur proche qui ne sont pas calmés, soit par non écoute du personnel soignant, soit par non formulation de La Douleur.

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Réalisation : Christian BARRET