INFORMATIONS
*****
TECHNIQUES
*****
DOSSIERS

L'intervention de la Diététicienne

La radiothérapie et la chimiothérapie entraînent des Douleurs et une altération du fonctionnement de l’APPAREIL digestif, pouvant avoir des conséquences importantes sur l’état nutritionnel.
 
Il est donc indispensable d’adapter l’alimentation.
C’est pourquoi médecins, infirmiers et aide soignants font souvent appel au diététicien pour conserver un état nutritionnel correct des patients, et pour permettre d’apaiser certaines de leurs Douleurs. Chez ces malades déjà atteints physiquement et moralement, le repas, dans la mesure du possible, doit rester un moment agréable.
 
I - LES DOULEURS DE LA SPHERE ORL
Les traitements anti-tumoraux exposent très souvent le patient à des problèmes de stomatites et d’oesophagites, pouvant aller jusqu’à des ulcérations de la muqueuse buccale. Ces thérapies sont source de Douleurs, de difficultés de mastication et de déglutition, voire d’une dysphagie importante ou totale. La tumeur en elle-même peut gêner l’ingestion de certains aliments.
A ces premières difficultés s’associent souvent des modifications de la salive d’un point de vue qualitatif et quantitatif (hyposialie, asialie) responsables d’une sécheresse buccale, aggravant les Douleurs.
Le diététicien peut alors améliorer le quotidien du patient en adaptant l’alimentation à ses Douleurs et à son état buccal tout en tenant compte de ses goûts et de ses possibilités physiques.
 
1 - LA TEXTURE DU REPAS :
Adapter la TEXTURE est le premier impératif.
Face à une dysphagie trop importante et une déglutition trop douloureuse, la pose d’une sonde naso-gastrique ou de gastrotomie peut s’avérer nécessaire.
Pour les patients tolérant une alimentation orale, nous disposons, à la Pitié Salpêtrière, de plusieurs régimes de textures différentes :
  • LIQUIDE
  • MIXE
  • HACHE
  • et prochainement MOULINE
 Les repas de texture liquide ou mixée permettent :
- de raccourcir de façon importante le temps de contact entre les aliments et la muqueuse buccale,
- de palier les problèmes de salive,
- de diminuer les efforts de mastication et de déglutition,
- et en cas d’obstacle, d’assurer un passage plus aisé.
Le choix de la texture est fonction de la gravité des Douleurs et des troubles.
Le régime liquide est servi essentiellement en cas de mucite ou de dysphagie très importante.
Dés que l’inflammation et les Douleurs s’atténuent, l’évolution se fait vers le repas mixé (semi-liquide).
Le régime mixé est généralement proposé en cas de troubles de la mastication ou de la déglutition.
Pour la composition de ces repas, notre préférence va vers des produits “maison”, car nous estimons que le goût de la préparation reste prioritaire.
Mieux vaut une préparation bonne et un peu moins nourrissante, que le patient prendra avec plaisir, qu’une préparation très calorique que le patient n’aimera pas.
Par la suite, le plus rapidement possible, la texture du repas évolue vers une alimentation moulinée, hachée voire normale.
 
2 - LA TEMPERATURE DES PLATS :
Une fois la texture adaptée, la TEMPERATURE des préparations sera à considérer. En effet certains patients supportent mal le “ très chaud ” ou le “ très froid ”. De là, nous pouvons être amenés à servir un repas entièrement froid et à laisser certaines préparations à température ambiante.
 
3 - LE CHOIX DES ALIMENTS :
La COMPOSITION des préparations est aussi très importante. En effet l’acidité de certains aliments ne sera pas supportée par le patient en cas d’inflammation. Les jus de fruits et les compotes seront alors remplacés par des laitages, beaucoup mieux tolérés. Plus rarement, le “ très salé ” ou “ très sucré ” peuvent être perçus comme agressifs. C’est pourquoi, même sans raison médicale, nous servons parfois des préparations sans sel rajouté ou sans sucre rajouté.
 
Nous enrichissons les préparations en matières grasses qui servent de lubrifiant et facilitent le passage des aliments, de plus elles contribuent à augmenter l’apport calorique.
 Bien entendu il faut tenir compte :
- des goûts alimentaires
- d’une éventuelle altération de la perception du goût (exemple: certains patients ont un dégoût pour la viande)
- des intolérances personnelles (exemple: certains malades sont incommodés par les odeurs du plat chaud)
Nous sommes donc à l’écoute des remarques du patient et de sa famille, ceci nous permet de mieux le connaître et dans la mesure du possible de personnaliser ses repas. Les échanges d’informations avec l’équipe de soins nous sont d’une grande aide. L’équilibre alimentaire est respecté dans la mesure de nos possibilités.
 
4 - LE FRACTIONNEMENT DES REPAS :
De plus, nous pouvons FRACTIONNER l’alimentation en 4 à 6 prises alimentaires, de petit volume, présentant l’avantage de ne pas décourager le patient et de ne pas lui couper l’appétit en lui servant un plateau trop copieux.
 
5 - QUALITE DU SERVICE :
L’aspect visuel du plateau compte beaucoup pour stimuler l’appétit : devant un repas mal présenté, un malade déjà affaibli et sans grand appétit, ne fera aucun effort pour s’alimenter. C’est pourquoi nous essayons d’améliorer la présentation et de varier au maximum les recettes ainsi que les couleurs.
Il est bon de rappeler que le sourire, la gentillesse et la serviabilité de la personne responsable de la distribution du repas, sont aussi très important.
 
 
II - LES DOULEURS GASTRIQUES ET INTESTINALES
 
1. CELLES DUES AUX TRAITEMENTS ANTITUMORAUX :
Ces traitements peuvent provoquer des problèmes de diarrhée s’accompagnant de Douleurs et crampes abdominales. Des gastralgies peuvent aussi apparaître.
De plus, la nervosité et l’anxiété du patient sont sources d’aggravation des Douleurs
 
A) LE CHOIX DU REGIME
Il s’effectue en fonction des différents troubles. Plusieurs régimes sont à notre disposition :
  • NORMAL LEGER
  • PAUVRE EN FIBRES
  • SANS RESIDU
LE REGIME NORMAL LEGER :
Il sera utilisé pour les patients présentant des troubles digestifs modérés, qui sont nauséeux ou qui sont très fatigués. Les fibres irritantes et les aliments peu digestes sont supprimés.
 LE REGIME PAUVRE EN FIBRES :
Il est donné aux patients qui souffrent de troubles et de Douleurs très importants. Il est un peu plus restrictif en fibres : absence de fibres dures, agressives, mais présence de fibres douces.
 LE REGIME SANS RESIDU :
Il est utilisé en cas de très fortes diarrhées. Les fibres sont totalement supprimées.
 
B) LE FRACTIONNEMENT DES REPAS :
Le fractionnement de l’alimentation permet une meilleure digestibilité et une meilleure tolérance.
 
C) PERSONNALISATION DU PLATEAU :
Comme pour les Douleurs ORL nous tenons compte des goûts, des dégoûts et intolérances du patient.
 
2. LES INCONVENIENTS DUS AUX TRAITEMENTS MORPHINIQUES
Ces traitements entraînent un ralentissement du transit intestinal aboutissant à une constipation souvent mal vécue par le patient. Nous pouvons par le biais de la diététique améliorer le transit par une supplémentation de fibres douces. Nous disposons de compote, fruit cuit, fruit au sirop, mais aussi d’un produit diététique plus spécifique à base de pulpe de fruits (pruneaux essentiellement, figues, pommes), de son et de sorbitol.
 
III - CONSEQUENCES DES DIFFERENTES DOULEURS
Le patient angoissé, souffrant (atteinte physique et morale) et affaibli, présente en général une diminution de l’appétit.
Une prise en charge en diététique sera alors proposée, sous forme de supplémentation ou de “ plateau de confort ” suffisant parfois à améliorer le quotidien du malade.
 
LES SUPPLEMENTS :
Le service diététique dispose d’une gamme étendue de suppléments sous la forme de produits industriels ou maison, pouvant être enrichis ou non. Ces suppléments seront donnés dans le cadre d’une alimentation hypercalorique, hyperprotidique ou pour le confort.
 
LE PLATEAU CONFORT :
Une prise en charge complète du plateau repas est possible en diététique uniquement pour le confort. Elle répond à une demande particulière du patient, définie par ses goûts, ses intolérances et ses capacités à s’alimenter.
 
Tout ce qui vient d’être dit concerne la prise en charge du patient pendant son hospitalisation. A sa sortie, nous lui donnons, ainsi qu’à sa famille des conseils écrits ou oraux. De plus, un suivi est possible en consultation diététique, ouverte une fois par semaine.
 
CONCLUSION :
Nous restons à l’écoute du patient et faisons tout notre possible pour améliorer ses conditions de vie à l’hôpital.
La nutrition est un soin à part entière. Il est important de maintenir un bon état nutritionnel ou de le réinstaurer s’il y a des carences voire une dénutrition pour maintenir un état général correct.
La prise en charge diététique doit être mise en route le plus tôt possible et avoir un bon suivi.
Pour cela la communication entre l’équipe médicale, soignante et paramédicale est indispensable.
 
 

Page suivante Page précédente

La Page de Garde Les Généralités
Le vécu du Manipulateur L'intervention de la Kinésithérapeute
L'intervention de la Diététicienne Le vécu en Soins Infirmiers
Le Déroulement de la Formation La répercussion de la Formation
La Conclusion Les Nouveautés

 

Réalisation : Christian BARRET