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L'intervention de la Kinésithérapeute

Quelles sont les possibilités d’intervention du kinésithérapeute face à La Douleur du malade cancéreux ?
 
1 - Dans le cas des cancers de la sphère ORL :
Des Douleurs aiguës ou chroniques d’une grande intensité peuvent survenir car la tête et le cou sont des régions réflexogènes et richement innervées.
  • des réactions de sclérose sous-cutanée et musculaires limitent les mouvements de la tête et des épaules (ex : contractures des masséters, des sternocléidomastoidiens et des trapèzes).
  • de même, la trachéotomie, qu’elle soit provisoire ou définitive, entraîne des Douleurs à la fois physiques et psychologiques.
Sur ce type de DOULEUR on peut obtenir une amélioration par des massages. Ceux-ci doivent être au départ des manœuvres globales, éloignées de la zone affectée. On peut commencer par exemple, par un massage du dos, celui-ci permettant de mettre le malade en confiance, la main ayant une valeur sécurisante. Il peut être compléter par des mouvements respiratoires lents et contrôlés pour obtenir une bonne relaxation.
Une fois que le contact et la confiance sont établis avec le malade on pourra aborder la région douloureuse:
Tout d’abord par des massages sur les masséters, sur les sterno-cléido-mastoïdiens, et sur les trapèzes (si la peau n’a pas subi trop d’irradiations); puis par des petits mouvements du cou et des épaules accompagnés d’une respiration lente et contrôlée.  En phase avancée, les Douleurs peuvent être de type neurologique, liées à l’infiltration ou à la compression des nerfs par la tumeur ou les adénopathies, c’est ainsi que la compression du plexus brachial dans le défilé des scalènes provoque un syndrome sensitivomoteur.  On ajoutera donc aux manoeuvres précédentes des mobilisations activopassives des membres supérieurs dans le but d’entretien des articulations ainsi que du moral du patient.
2 - Dans le cas des tumeurs du sein :
Dans ce cas, l’atteinte psychologique est peut être celle qui apparaît comme la plus importante au début ; la personne est atteinte dans son image, dans sa féminité, il y a un trait sur son physique passé, il va falloir se regarder, et se reconnaître autrement.
La première séance consistera à parler avec la patiente, puis on commencera la respiration diaphragmatique tout en accompagnant cette respiration lente par la pose des mains sur l’abdomen et par une voix lente et rassurante ; puis, l’épaule du côté atteint doit être mobilisée en actif-aidé de façon douce.
Cette mobilisation est très importante, d’une part d’un point de vue physique pour éviter une capsulite rectractile, donc des Douleurs à long terme, d’autre part d’un point de vue psychologique pour que la patiente n’adopte pas une attitude de protection.
De même, le massage de la cicatrice évite les rétractions cutanées et permet donc une meilleure mobilité évitant ainsi des Douleurs lors des mouvements du bras.
Le drainage lymphatique, que l’on pratique lors des atteintes ganglionnaires dues soit à un acte chirurgical soit à une irradiation, a un rôle antalgique.
Il évite La Douleur du gros bras et a aussi un effet relaxant dû à la lenteur des manoeuvres effectuées pendant le drainage.
 
3 - Dans le cas des tumeurs cérébrales :
Dans ces cas on rencontre peu de plaintes et de Douleurs, si ce n’est des Douleurs d’épaule dues à une atteinte motrice d’un hémi-corps.
L’épaule étant une articulation suspendue, la paralysie de ses muscles moteurs entraîne un étirement de l’articulation sous l’action du poids du membre supérieur, provocant des Douleurs vives et continuelles.
Il faut donc dès l’atteinte motrice du membre supérieur faire porter au patient une écharpe pour éviter l’action du poids du membre sur l’articulation de l’épaule.
 
4 - Quelle que soit la pathologie cancéreuse et si le malade y est réceptif, on peut pratiquer des séances de relaxation ou de sophrologie, notamment sur les patients en période d’aplasie (donc d’isolement) suite à la chimiothérapie
Voilà quelques exemples de réponses que peut proposer le kinésithérapeute à La Douleur totale du patient cancéreux.
Je tiens à préciser que l’intervention du kinésithérapeute est généralement bien ressentie par les patients, du fait que notre geste n’est nullement agressif et qu’il est très différent du reste des traitements qui leurs sont proposés.
 
Malheureusement, les prescriptions de séances de kinésithérapie sont souvent tardives.

 

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Réalisation : Christian BARRET