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Le vécu du Manipulateur

Dans le monde médical, la radiothérapie est un milieu assez mal connu des patients. Ils connaissent surtout la chimiothérapie ou la chirurgie.

Par conséquent, les patients redoutent leur premier rendez-vous.

Dans chaque poste de radiothérapie externe, les manipulateurs traitent en moyenne 40 patients par jour. Ils sont soit externes, soit hospitalisés dans le service ou bien sur le groupe ou dans d'autres hôpitaux.
Le traitement peut durer de 1 semaine à 2 mois.
Hormis les problèmes psychologiques, se pose le problème de La Douleur physique.
Une fois la séance faite, les patients externes rentrent chez eux et se retrouvent seuls avec leur DOULEUR.
Etant donné que nous les voyons tous les jours, nous sommes les premiers témoins de leur souffrance, exprimée ou non. Nous devons être capable de repérer les signes d'appel pour en avertir le médecin.
Nous faisons également intervenir le médecin pour les patients hospitalisés en dehors de notre service dont La Douleur n'a pas été prise en compte dans le service d'origine.
Nous ne pouvons pas faire une évaluation approfondie et précise de La Douleur ; par manque de temps, ayant en moyenne un patient toutes les 10 à 15 minutes, dans des locaux inappropriés.
Par contre, nous avons un rôle important d'écoute du patient, de détection et de transmission au médecin.
Nous établissons un premier contact, une mise en confiance avec le patient et le fait de se voir quotidiennement nous permet de contrôler l'efficacité dans le temps du traitement anti-douleur qui aura été prescrit.  
 
Les signes d'appel que nous rencontrons le plus souvent sont :
  • pour la pathologie O.R.L. :

    · des Douleurs musculaires au niveau du cou qui nécessiteraient des séances de kinésithérapie,
    · des Douleurs, des érythèmes faciaux au niveau de la sphère ORL. Cela peut évoluer en "mucite" et entraîner des difficultés pour l'alimentation ; d'où la nécessité d'une action commune du médecin et de la diététicienne,
    · la peau qui rougit de plus en plus au fur et à mesure du traitement, la peau est alors réhydratée avec de la crème.
  • pour les atteintes du rachis, du poumon :

    · des Douleurs qui irradient, qui poignardent. Souvent le traitement réveille et accentue La Douleur. Celle-ci devrait être évaluée au début de la radiothérapie et réévaluée en cours de traitement.
  • Voilà un exemple de mucite et de brûlure au niveau de la peau.

D'autre part, au niveau des postes de traitement, nous essayons de soulager les Douleurs liées à la position de traitement. Les patients peuvent, suivant la localisation, être en décubitus dorsal, ventral ou latéral.
En position décubitus dorsal, nous réduisons la tension au niveau des muscles ischio-jambiers avec un coussin triangulaire sous les genoux.
· Nous mettons des mousses de confort sous le dos pour les patients très amaigris, pour adoucir le contact rude avec la table de traitement. Mais nous sommes limités par la technique...
· Pour transférer un patient de son brancard sur la table de traitement, nous utilisons un matelas de translation. Le système permet d'être moins agressif avec les patients car ils glissent sur le matelas et, en même temps, nous protégeons notre dos.
Nous devrions également développer la prémédication au niveau du poste de centrage.
Le centrage est une étape longue, difficile et douloureuse pour les patients déjà algiques.
Il faudrait établir une procédure de traitement antalgique ponctuel réalisable lors du centrage. Cette procédure pourrait être aussi appliquée pour les séances de traitement.
Pour les tumeurs O.R.L. et encéphalique, nous utilisons un masque de contention thermoformé sur lequel les repères de centrage sont dessinés. Au cours du traitement, le patient supportera plus ou moins bien ce masque :
  • un érythème cutané apparaîtra et s'accentuera, pouvant même entraîner une interruption de celui-ci pendant quelques jours.
  • le patient peut développer un oedème sous l'effet de médicaments. Le masque pourra alors tellement le serrer que nous serons obligés de lui en refaire un.
En parallèle à la radiothérapie externe, nous sommes amenés à travailler également en poste de curiethérapie.
Le principe de la curiethérapie est d'implanter à l'aide d'aiguilles vectrices des sources radioactives directement au contact de la tumeur ou du lit tumoral.
C'est une technique qu'appréhendent également les patients.
 
 
Dans le service sont effectuées principalement des curiethérapies des sites anatomiques suivants :
  • sein,
  • sphère ORL ,
  • vagin, utérus,
  • peau,
  • canal anal,
La curiethérapie interstitielle ORL consiste à mettre en place du matériel vecteur sous anesthésie générale dans la cavité buccale. La langue ou l'amygdale est alors immobilisée par le dispositif. Une sonde gastrique est nécessaire pour l'alimentation du patient et cela durant tout son traitement. A la suite de l'intervention le patient souffre d’un oedème qui régresse sous 24 h et de problèmes de déglutition, qui nous obligent à l'aspirer régulièrement.
 
Pour le canal anal, l'application se fait également sous AG. La Douleur est prise en compte tout de suite en injectant au patient de la "Morphine" un peu avant le réveil.
Tout au long de l'irradiation, le patient aura une perfusion d’antalgique pour contrôler, en fonction de sa demande, sa DOULEUR.
 
En ce qui concerne l'application vaginale le traitement se fait en 3 étapes :
  • fabrication d'un moule en résine après prise d'empreinte
  • mise en place dans le vagin,
  • retrait du moule après le temps d'irradiation qui dure 1 à 3 jours, suivant la dose prescrite et l'activité des fils.
Lors de l'application, aucun antalgique n'est donné aux patientes et pourtant La Douleur existe.
Les patientes sont très angoissées, elles se sentent agressées de par l'intrusion.
Manipulateurs et médecins essaient de mettre la patiente en confiance. Nous faisons même de la respiration dite du "petit chien". Cependant, cela reste douloureux malgré leur coopération. Depuis la formation, pour les soulager, il est systématiquement établi une procédure thérapeutique qui les soulage surtout au moment du retrait du moule. Il s'agit d'un mélange MORPHINE -VALIUM.
Les médecins ont l'habitude de pratiquer cette technique sans anesthésie ou très peu d'antalgique ; en effet, le vagin se dilate facilement : la femme est sensée connaître La Douleur de l'accouchement et dans le meilleur des cas, elle sait faire face.
 
Cette attitude change dès qu'il s'agit d'un homme.
Parfois nous effectuons des curiethérapies interstitielles de la verge, l'implantation se fait sous anesthésie générale.
Les médecins, qui sont majoritairement des hommes, s'inquiètent du réveil du patient.
Ils prévoient un traitement antalgique.
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Réalisation : Christian BARRET